Ces confidences, c'est à la journaliste russe d'opposition, Masha Gessen, qu'il les a livrées. Etonnant lorsque l'on sait qu'elle est connue en Occident pour son livre très critique sur le président russe "Poutine: l'homme sans visage".
La semaine dernière, elle a été invitée au Kremlin pour parler de son limogeage du magazine Vokroug Sveta (Autour du monde) où elle occupait le poste de rédactrice en chef jusqu'au début du mois de septembre. Un limogeage justifié par son refus d'envoyer un journaliste couvrir le vol de Vladimir Poutine en deltaplane en compagnie de grues de Sibérie.
Masha Gessen a affirmé que cette rencontre de 20 minutes s'était déroulée en présence de Sergueï Vasiliev, le propriétaire de la maison d'édition publiant Vokroug Sveta, à qui Vladimir Poutine a demandé de reprendre la journaliste, ce qu'elle a refusé. Selon elle, Vladimir Poutine lui a demandé si elle voulait vraiment retrouver son travail ou si elle préférait le rôle de "journaliste persécutée".
"J'ai eu le sentiment qu'il (Poutine) ne savait pas qui je suis", a souligné Masha Gessen, en qualifiant cette rencontre de "très bizarre". "Je crois qu'ils pensaient que c'était une rencontre off, mais personne ne m'a dit ça", a-t-elle indiqué à la chaîne de télévision russe Dojd.
Des mises en scènes reconnues
Dans le magazine Bolchoï Gorod qui reprend les détails de cette interview, on apprend que l'homme fort de Russie, interrogé sur une éventuelle mise en scène de son aventure de plongée au fond de la Mer noire au cours de laquelle il est revenu avec un vase antique, lui a déclaré : "Bien sûr, (les vases) ont été placés là".
Réponse similaire lorsqu'elle évoque une de ses autres aventures dans la taïga aux côtés d'un tigre de Sibérie : "Je sais que le léopard (des neiges) avait été attrapé à l'avance. Mais le plus important est d'attirer l'attention sur ce problème". Car selon Vladimir Poutine ces mises en scène se justifient pour attirer l'attention du public sur la préservation de l'environnement.
"Bien sûr, il y a eu des excès. Et cela me rend furieux", a-t-il ajouté, "tout ce que je fais dans ce domaine (la préservation de la nature) ne devrait avoir aucun lien avec la politique. Mais pour un homme dans ma position, c’est très difficile."
De son côté, le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a confirmé aux agences russes que la rencontre avait bien eu lieu et que Masha Gessen l'avait racontée "de manière correcte", mais "avec quelques petites erreurs".
RTBF et AFP




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