“Agression terroriste odieuse contre la liberté de la presse", ont dénoncé ce mercredi les autorités syriennes, après l’attentat dont a fait l’objet la télévision officielle Al-Ikhbariyé. Selon l’agence de presse SANA, 3 journalistes et 4 gardiens ont été tués, du matériel volé et d’autres personnes enlevées, sans préciser le nombre de ces dernières.
La tension est à son comble en Syrie, après les déclarations du président Bachar El-Assad affirmant que le pays se trouvait dans un état de guerre. Alors que son plan de médiation est au point mort, Kofi Annan propose l’organisation d’une réunion internationale à Genève. Son porte-parole a précisé que "les efforts se sont concentrés sur une initiative du groupe d'action sur la Syrie, que l'envoyé spécial conjoint (de l'Onu et de la Ligue arabe) entend réunir le 30 juin".
A ce stade, les diplomates occidentaux viennent d’être informés officiellement de cette démarche. La Chine, elle, a salué l’initiative : "Pour ce qui est de la conférence qui devrait avoir lieu le 30 juin, la Chine l'accueille avec bienveillance", a déclaré le représentant chinois, Xia Jingge.
Kofi Annan a invité les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ainsi que la Turquie, le Qatar, l'Irak, ces deux derniers au titre de leur rôle au sein de la Ligue arabe. Kofi Annan avait préalablement précisé son souhait de ce que l’Iran fasse "partie de la solution".
Guerre civile et violence interconfessionnelles
Parallèlement, la Commission d’enquête internationale, mandatée par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, présentait son rapport. Ce dernier, critique à l’égard du pouvoir syrien, estimait que la situation syrienne ressemblait de plus en plus à une guerre civile avec la multiplication des violences interconfessionnelles.
Le rapport affirme également que la situation des droits de l’Homme est critique, et dénonce l’augmentation de la violence, malgré la présence des observateurs mandatés par les Nations Unies.
Les experts soulignent également la violence des exactions commises à Houla, le 25 mai. Les observateurs n’ont eu l’occasion de s’y rendre que fin juin, mais selon les interrogatoires qu’ils ont mené, 3 groupes distincts auraient participé aux massacres au sud de Houla qui ont duré plus de 24 heures : les chabihas et les milices pro-régimes, les forrces anti-gouvernementales et des groupes étrangers. Le rapport souligne cependant que "les forces loyales au gouvernement pourraient avoir été responsables d'un grand nombre des morts".
Dénonçant des "exagérations qui touchent à l'imaginaire", l’ambassadeur syrien auprès de l’ONU, Faysal Khabbaz Hamoui, a quitté la réunion avant sa clôture, après s’être félicité que les experts reconnaissent "l'existence de groupes armés qui bafouent les droits de l'homme" en Syrie. Il a ensuite affirmé que son pays pourrait cesser toute coopération avec le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies : "La Syrie prendra le moment venue sa décision qui s'adapte à ses intérêts nationaux".
Au moins 16 personnes auraient péri mercredi dans les violences, selon l'Observatoire syrien des Droits de l’Homme, et plus de 15 800 personnes, en majorité des civils, auraient été tuées en plus de 15 mois.
W.F. , avec AFP et Reuters




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