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Syrie: un journaliste de France 2 tué à Homs, la VRT a filmé les événements

MONDE | Mis à jour le mercredi 11 janvier 2012 à 18h06

  • Gilles Jacquier, journaliste français de l'émission Envoyé spécial, a été tué mercredi alors qu'il se trouvait en reportage à Homs, dans le centre de la Syrie.

    Selon un témoin, un obus est tombé sur un groupe de journalistes qui se trouvait en reportage dans cette ville, haut lieu de la contestation. Il y a également plusieurs blessés dans le groupe mais leur nombre n'a pu être précisé.
     
    Homs est un des foyers de l'insurrection contre le régime du président syrien Bachar al-Assad qui a débuté il y a dix mois et a fait, selon une estimation de l'ONU, plus de 5000 morts.
     
    Le groupe de journalistes se trouvait à Homs dans le cadre d'un voyage autorisé par le régime syrien qui limite les déplacements des médias étrangers en Syrie.
      
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), "des obus sont tombés entre les quartiers de Akrama et Al-Nouzha où se trouvait un groupe de journalistes. Un journaliste occidental a été tué ainsi que six Syriens. Il y a eu des blessés".

    Des journalistes de la VRT, Rudy Vranckx, Jens Franssen, Jan Bické, Filip Van Hecke et Kris de Naegel auraient été témoins de ces événements. Mais ils n'ont pas été blessés. L'un deux témoigne: "Une quinzaine de journalistes a effectué une randonnée dans la ville. Par endroits, cela ressemblait à une ville morte. A un moment, il y a eu quatre ou cinq explosions près de nous. Un collègue français n'a pas survécu". Les images de la VRT sont très dures, elles montrent des explosions et des corps étendus. 
      
    L'OSDH a demandé l'ouverture d'une enquête indiquant qu'il ignorait l'origine de ces tirs, alors que les militants dans la ville ont accusé les autorités.

    Gilles Jacquier avait reçu le prix Albert Londres

    Kosovo, Afghanistan, Algérie, révolutions arabes, Gilles Jacquier, grand reporter de France 2, a couvert la plupart des conflits des 20 dernières années et obtenu le prix Albert Londres pour des reportages lors de la seconde Intifada.

    "J'ai horreur de la guerre mais sur ces terrains, je peux faire de vraies rencontres. Le plus souvent, les gens sont eux-mêmes, très sincères face à une caméra et on ne peut rester insensible à leur souffrance", racontait le journaliste dans une interview. Moi, j'aime surtout filmer les gens au plus près de l'action, avec leurs émotions et sans voyeurisme", ajoutait-il.

    Né le 25 octobre 1968, ce passionné d'images depuis sa plus tendre enfance, démarre sa carrière comme journaliste reporter d'images (JRI) dans une chaîne locale à Annecy en 1989, TV HUIT Mont Blanc.

    Deux ans plus tard, il entre à France télévisions et rejoint la rédaction nationale de France 3 en 1994.

    Il sillonne le monde, couvre les Jeux olympiques d'hiver de Lillehammer, de Nagano, le Festival de Cannes, les élections en Afrique du Sud.

    Mais surtout, caméra sur l'épaule, Jacquier couvre tous les conflits depuis les années 1990, à commencer par celui du Kosovo. Suivront la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), l'Algérie, la Côte d'Ivoire, Haïti, l'Irak, Israël, la Palestine, jusqu'aux révolutions arabes.

    Gilles Jacquier dit avoir vu la "mort à grande échelle, avec des trous béants et des dizaines de cadavres arrivant sur des brancards et jetés là toutes les heures".

    Il est particulièrement bouleversé par les massacres en Algérie dans les années 1990 et dans la jungle de Kisangani au Zaïre, avant la chute de Mobutu en 1997.

    En 2003, Jacquier obtient le prestigieux prix Albert Londres avec Bertrand Coq, autre grand reporter, pour sa couverture durant la deuxième Intifada.

    "Gilles était un excellent reporter de guerre, il n'avait peur de rien, avait un côté casse-cou mais ne prenait jamais de risques inconsidérés", témoigne Bertrand Coq.

    Lors des reportages à Naplouse, Jaquier est blessé. "Une balle avait pénétré par le côté de son gilet pare-balles et l'avait touché à la clavicule. La balle avait été extraite par un médecin suisse à l'hôpital de Naplouse", se rappelle Bertrand Coq.

    Féru de sport, ancien champion de descente à ski, le grand reporter "mettait dans son travail tout l'acharnement, tout le talent et toute la motivation d'un grand sportif. Il ne rentrait jamais sans les images. Jamais", souligne Bertrand Coq.

    "Gilles était un des meilleurs de France 2, un homme hors norme, on est tous sous le choc, il va beaucoup, beaucoup nous manquer", a déclaré Thierry Thuillier, directeur de l'information du groupe France Télévisions.

    RTBF et AFP
     

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    • de Thomas Avec cet assassinat odieux, nous avons une preuve supplémentaire de la violence de l'opposition "pro-démocratie", en fait composée de gangs extrémistes sur-armés, tentant de déstabiliser le pays de Bachar el-Assad. Les journalistes accompagnant leur collègue tragiquement décédé oseront-ils dire la vérité ou entendra-t-on que "une enquête est en cours pour déterminer l'origine des tirs, bla bla bla" ? Mystère.

      12-01-2012 23:41 | Répondre

    • de liberté On voit bien que vous êtes tout à fait à côtés de la plaque puisque les journalistes justement étaient sous la protection de l'opposition et que les soldats de bachar ont dûs supprimés les journalistes trop curieux pour eux.

      23-02-2012 11:01 | Répondre

    • de claude Le Figaro.fr rapporte lui le témoignage d'un journaliste de la BBC, Mohammed Ballout, présent dans le même voyage de journalistes: "Nous étions deux délégations de journalistes étrangers présents ce mercredi à Homs" explique-t'il, précisant que sa délégation, "escortée par le ministère de l'Information syrien", était composée, "de journalistes des chaînes américaines CNN et CBS et de l'AFP", tandis que celle où se trouvait Gilles Jacquier, escortée par une religieuse libanaise favorable au régime syrien, Soeur Marie Agnès, "comptait dans ses rangs Gilles Jacquier et un autre journaliste de France 2, cinq Belges, deux Suisses, deux Libanais et un journaliste syrien". Vers 15 heures, "devant l'hôpital de Zahira, un attroupement s'est formé de militants pro-Assad qui ont commencé à scander des slogans favorables au régime. Soudain, une roquette RPG a frappé la foule. Huit activistes pro-Bachar ont été tués sur le coup".

      12-01-2012 20:54 | Répondre

    • de Bob Legrève Madame, Messieurs, Les photojournalistes sont les témoins courageux et dévoués de notre temps, de nos conflits. Ils sont les yeux et les oreilles du monde, les thermomètres et baromètres de nos crises et de notre existence. Sans eux les dictatures et les menteurs s'en sortiront toujours aux dépens de leurs victimes. Que les responsables des médias de tous genres continuent à se fier aux professionnels plutôt que de se laisser séduire par la gratuité des 'photos' amateurs qui ne recherchent qu'e la sensation et qu' à voir paraître leur nom et leurs photos dans les journaux. Par eux le public et les lecteurs deviennent cible et otage en même temps. Que tous ces courageux reporters et photojournalistes morts pour leur métier et pour nous ne soient pas tombés pour rien. Bob Legrève, Anvers.

      12-01-2012 14:15 | Répondre

    • de Capuchon Ce n'est pas l'insurrection qui a fait 5000 morts. C'est sa répression.

      11-01-2012 18:53 | Répondre

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      Le journaliste de France 2, Gilles Jacquier, de l'émission Envoyé spécial, a été tué mercredi alors qu'il se trouvait en reportage à Homs, dans le centre de la Syrie.

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      Un journaliste de FR2 tué à Homs lors d'une attaque de grenades

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    • de Thomas Avec cet assassinat odieux, nous avons une preuve supplémentaire de la violence de l'opposition "pro-démocratie", en fait composée de gangs extrémistes sur-armés, tentant de déstabiliser le pays de Bachar el-Assad. Les journalistes accompagnant leur collègue tragiquement décédé oseront-ils dire la vérité ou entendra-t-on que "une enquête est en cours pour déterminer l'origine des tirs, bla bla bla" ? Mystère.

      12-01-2012 23:41 | Répondre

    • de liberté On voit bien que vous êtes tout à fait à côtés de la plaque puisque les journalistes justement étaient sous la protection de l'opposition et que les soldats de bachar ont dûs supprimés les journalistes trop curieux pour eux.

      23-02-2012 11:01 | Répondre

    • de claude Le Figaro.fr rapporte lui le témoignage d'un journaliste de la BBC, Mohammed Ballout, présent dans le même voyage de journalistes: "Nous étions deux délégations de journalistes étrangers présents ce mercredi à Homs" explique-t'il, précisant que sa délégation, "escortée par le ministère de l'Information syrien", était composée, "de journalistes des chaînes américaines CNN et CBS et de l'AFP", tandis que celle où se trouvait Gilles Jacquier, escortée par une religieuse libanaise favorable au régime syrien, Soeur Marie Agnès, "comptait dans ses rangs Gilles Jacquier et un autre journaliste de France 2, cinq Belges, deux Suisses, deux Libanais et un journaliste syrien". Vers 15 heures, "devant l'hôpital de Zahira, un attroupement s'est formé de militants pro-Assad qui ont commencé à scander des slogans favorables au régime. Soudain, une roquette RPG a frappé la foule. Huit activistes pro-Bachar ont été tués sur le coup".

      12-01-2012 20:54 | Répondre

    • de Bob Legrève Madame, Messieurs, Les photojournalistes sont les témoins courageux et dévoués de notre temps, de nos conflits. Ils sont les yeux et les oreilles du monde, les thermomètres et baromètres de nos crises et de notre existence. Sans eux les dictatures et les menteurs s'en sortiront toujours aux dépens de leurs victimes. Que les responsables des médias de tous genres continuent à se fier aux professionnels plutôt que de se laisser séduire par la gratuité des 'photos' amateurs qui ne recherchent qu'e la sensation et qu' à voir paraître leur nom et leurs photos dans les journaux. Par eux le public et les lecteurs deviennent cible et otage en même temps. Que tous ces courageux reporters et photojournalistes morts pour leur métier et pour nous ne soient pas tombés pour rien. Bob Legrève, Anvers.

      12-01-2012 14:15 | Répondre

    • de Capuchon Ce n'est pas l'insurrection qui a fait 5000 morts. C'est sa répression.

      11-01-2012 18:53 | Répondre

    • de Pitouchon Une large pensée à sa famille, ses amis et tous ses confrères qui dans ce genre de reportage risquent leurs vies à tout moment. Dire que le chef d'état dit qu'il n'y a pas de problèmes!!!.

      11-01-2012 18:35 | Répondre

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