Syrie: un journaliste de France 2 tué à Homs, la VRT a filmé les événements

Un journaliste de France 2 tué en Syrie
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Un journaliste de France 2 tué en Syrie - © France2.fr
Rédaction RTBF

Gilles Jacquier, journaliste français de l'émission Envoyé spécial, a été tué mercredi alors qu'il se trouvait en reportage à Homs, dans le centre de la Syrie.

Selon un témoin, un obus est tombé sur un groupe de journalistes qui se trouvait en reportage dans cette ville, haut lieu de la contestation. Il y a également plusieurs blessés dans le groupe mais leur nombre n'a pu être précisé.
 
Homs est un des foyers de l'insurrection contre le régime du président syrien Bachar al-Assad qui a débuté il y a dix mois et a fait, selon une estimation de l'ONU, plus de 5000 morts.
 
Le groupe de journalistes se trouvait à Homs dans le cadre d'un voyage autorisé par le régime syrien qui limite les déplacements des médias étrangers en Syrie.
  
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), "des obus sont tombés entre les quartiers de Akrama et Al-Nouzha où se trouvait un groupe de journalistes. Un journaliste occidental a été tué ainsi que six Syriens. Il y a eu des blessés".

Des journalistes de la VRT, Rudy Vranckx, Jens Franssen, Jan Bické, Filip Van Hecke et Kris de Naegel auraient été témoins de ces événements. Mais ils n'ont pas été blessés. L'un deux témoigne: "Une quinzaine de journalistes a effectué une randonnée dans la ville. Par endroits, cela ressemblait à une ville morte. A un moment, il y a eu quatre ou cinq explosions près de nous. Un collègue français n'a pas survécu". Les images de la VRT sont très dures, elles montrent des explosions et des corps étendus. 
  
L'OSDH a demandé l'ouverture d'une enquête indiquant qu'il ignorait l'origine de ces tirs, alors que les militants dans la ville ont accusé les autorités.

Gilles Jacquier avait reçu le prix Albert Londres

Kosovo, Afghanistan, Algérie, révolutions arabes, Gilles Jacquier, grand reporter de France 2, a couvert la plupart des conflits des 20 dernières années et obtenu le prix Albert Londres pour des reportages lors de la seconde Intifada.

"J'ai horreur de la guerre mais sur ces terrains, je peux faire de vraies rencontres. Le plus souvent, les gens sont eux-mêmes, très sincères face à une caméra et on ne peut rester insensible à leur souffrance", racontait le journaliste dans une interview. Moi, j'aime surtout filmer les gens au plus près de l'action, avec leurs émotions et sans voyeurisme", ajoutait-il.

Né le 25 octobre 1968, ce passionné d'images depuis sa plus tendre enfance, démarre sa carrière comme journaliste reporter d'images (JRI) dans une chaîne locale à Annecy en 1989, TV HUIT Mont Blanc.

Deux ans plus tard, il entre à France télévisions et rejoint la rédaction nationale de France 3 en 1994.

Il sillonne le monde, couvre les Jeux olympiques d'hiver de Lillehammer, de Nagano, le Festival de Cannes, les élections en Afrique du Sud.

Mais surtout, caméra sur l'épaule, Jacquier couvre tous les conflits depuis les années 1990, à commencer par celui du Kosovo. Suivront la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), l'Algérie, la Côte d'Ivoire, Haïti, l'Irak, Israël, la Palestine, jusqu'aux révolutions arabes.

Gilles Jacquier dit avoir vu la "mort à grande échelle, avec des trous béants et des dizaines de cadavres arrivant sur des brancards et jetés là toutes les heures".

Il est particulièrement bouleversé par les massacres en Algérie dans les années 1990 et dans la jungle de Kisangani au Zaïre, avant la chute de Mobutu en 1997.

En 2003, Jacquier obtient le prestigieux prix Albert Londres avec Bertrand Coq, autre grand reporter, pour sa couverture durant la deuxième Intifada.

"Gilles était un excellent reporter de guerre, il n'avait peur de rien, avait un côté casse-cou mais ne prenait jamais de risques inconsidérés", témoigne Bertrand Coq.

Lors des reportages à Naplouse, Jaquier est blessé. "Une balle avait pénétré par le côté de son gilet pare-balles et l'avait touché à la clavicule. La balle avait été extraite par un médecin suisse à l'hôpital de Naplouse", se rappelle Bertrand Coq.

Féru de sport, ancien champion de descente à ski, le grand reporter "mettait dans son travail tout l'acharnement, tout le talent et toute la motivation d'un grand sportif. Il ne rentrait jamais sans les images. Jamais", souligne Bertrand Coq.

"Gilles était un des meilleurs de France 2, un homme hors norme, on est tous sous le choc, il va beaucoup, beaucoup nous manquer", a déclaré Thierry Thuillier, directeur de l'information du groupe France Télévisions.

RTBF et AFP