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Un an après le retour de V. Poutine, des milliers de Russes dans la rue

MONDE | Mis à jour le dimanche 5 mai 2013 à 17h13

  • Des milliers de Russes devaient se rassembler dimanche après-midi à Moscou pour demander la libération de personnes détenues à la suite d'une manifestation qui a dégénéré en affrontements il y a un an, au moment du retour au Kremlin de Vladimir Poutine.

    Cette marche organisée par l'opposition doit être suivie par un plus grand rassemblement lundi dans le centre de la capitale russe, là où avait dégénéré la manifestation du 6 mai 2012 contre le retour au Kremlin, le lendemain, de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président.

    La manifestation de dimanche, baptisée "Marche de printemps pour les libertés", a été organisée pour les protestataires qui travaillent lundi et ne pourraient donc pas participer au plus grand rassemblement de l'opposition, dont l'un des slogans sera: "Libérez les prisonniers politiques".

    Les manifestants devaient se retrouver dimanche à 16H00 (12H00 GMT) devant la statue de Lénine sur la place de Kalouga, dans le centre de Moscou, et les organisateurs espéraient la présence de quelque 10 000 participants.

    Ceux-ci devaient ensuite se rendre sur la place Bolotnaya, face au Kremlin, où se déroulera la grande manifestation de lundi, pour un rassemblement prévu à 14H00 GMT.

    "Nous n'aurons pas autant de gens connus du public" que lundi, a admis l'un des organisateurs, Mikhaïl Anchakov, "mais nous aurons des personnes dont la participation à la contestation est reconnue depuis des années", a-t-il dit.

    "Nous devons descendre dans la rue pour défendre ceux qui ont été pris en otage", a déclaré pour sa part l'écrivain satirique russe Viktor Chenderovitch, en référence aux personnes inculpées et incarcarées à la suite de la manifestation du 6 mai 2012.

    "C'est notre devoir", a ajouté l'écrivain connu pour son opposition au régime de Vladimir Poutine.

    Des dizaines de protestataires et une trentaine de policiers avaient été blessés au cours d'affrontements lors de la manifestation il y a un an. Son déclenchement reste controversé, l'opposition accusant les forces de l'ordre de les avoir provoqués pour justifier un tour de vis contre toute contestation.

    Depuis un an en effet, une trentaine de personnes ont été inculpées d'organisation ou participation à des "troubles massifs" à l'ordre public - délit passible de dix ans de camp - parmi lesquelles le dirigeant du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, mais aussi de nombreux citoyens ordinaires. Plusieurs protestataires ont été emprisonnés.

    Ce tour de vis avait mis un coup de frein à la contestation, alors que des protestations avaient réuni lors de l'hiver 2011/2012 jusqu'à 100 000 personnes au moment où Vladimir Poutine s'apprêtait à reconquérir le Kremlin.

    Des experts observent que nombre de sympathisants de l'opposition vont renoncer à participer aux deux rassemblements, dimanche et lundi, en raison de la répression grandissante contre les voix dissidentes.

    "Nous demandons que des changements soient faits dans la Constitution pour interdire à une même personne d'effectuer plus de deux mandats de président", a déclaré l'opposant Boris Nemtsov, ex-vice-Premier ministre de Boris Eltsine, en référence à Vladimir Poutine.

    La contestation contre le régime de Vladimir Poutine, président de 2000 à 2008 et Premier ministre de 2008 à 2012 faute de pouvoir enchaîner un troisième mandat consécutif au Kremlin, avait commencé après des fraudes massives dénoncées par l'opposition aux législatives remportées par le parti au pouvoir fin 2011.

    Les protestations anti-Poutine critiquant également la corruption endémique s'étaient alors multipliées.

    La plupart des inculpés pour la manifestation du 6 mai 2012 sont des citoyens ordinaires qui n'appartiennent à aucun mouvement politique. Ils sont accusés d'avoir résisté aux forces de l'ordre ou renversé des cabines de toilettes amovibles, mais tous ont été inculpés de "troubles massifs", un délit qui selon le code pénal russe signifie "atteinte à l'ordre public par une foule, incendie volontaire, destruction de biens, utilisation d'armes à feu, d'explosifs".

    AFP

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  • Le président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse, le 20 décembre 2012 à Moscou
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    Le président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse, le 20 décembre 2012 à Moscou

    Natalia Kolesnikova
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    • Le président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse, le 20 décembre 2012 à Moscou

      Le président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse, le 20 décembre 2012 à Moscou

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