Un taxi transportant des blessés fonce à toute allure dans des rues aux immeubles éventrés et bordés de monticules de déchets fumants tandis que résonnent des tirs d'artillerie: cette scène fait désormais partie du quotidien tragique de la ville syrienne d'Alep.
C'est dans cette ville, stratégique pour sa richesse et sa proximité avec la frontière turque que se joue, selon le régime de Bachar al-Assad, "la mère de toutes les batailles" dans ce conflit qui dure depuis 17 mois.
Dans le quartier de Salaheddine, le reportage de Nicolas Hénin (voir vidéo ci contre) nous montre que les combats sont incessants et acharnés entre armée syrienne et rebelles.
Malgré les tirs incessants et l'artillerie qui tombe sur les bâtiments ("toutes les cinq minutes il y a un obus qui tombe", selon l'un des rebelles) autour d'eux, les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et civils en armes) disent ne pas avoir peur. "De quoi devrais-je avoir peur? Je suis un combattant, je n'ai peur de rien", affirme fièrement l'un d'eux, le visage masqué par un keffieh, avant d'être interrompu par un tir de mortier tombé non loin de là.
Pourtant, outre l'artillerie, les snipers de l'armée continuent leur besogne et constituent le "principal danger", selon le journaliste sur place.
"On doit se casser. Si tu veux rester fais comme tu veux mais moi, je pars", entend-on notamment dire un combattant, repéré par un sniper, à un de ses congénères.
200 000 déplacés
Plus de 200 000 Aleppins, sur une population totale de 2,5 millions d'habitants, ont dû fuir leur foyer dans les premiers jours des combats qui ont éclaté le 20 juillet.
Partout à Alep, se dressent des tas d'ordures d'où s'élèvent une fumée noire, selon des journalistes présents sur les lieux.
La mort fait désormais partie du quotidien. Mardi, au moins dix civils, dont deux enfants et trois femmes, y ont péri, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Dans les secteurs de Sakhour et Chaar, l'ASL a établi des postes de commandement.
Tous les jours dans ces quartiers, on peut voir des taxis transportant des blessés passer en trombe alors que des rebelles tentent d'abattre les hélicoptères qui ouvrent le feu sur leurs positions.
"Nous contrôlons désormais plus de 60% de la ville"
"Nous ne savons pas combien de temps la bataille va continuer. Ils ont des avions, et les rebelles détruisent les chars de l'armée. C'est compréhensible sauf que les chars n'appartiennent pas à Bachar, ils appartiennent au peuple", dit un habitant d'Alep.
Une source syrienne des services de sécurité a affirmé que "des renforts" de l'armée et des rebelles se dirigeaient vers Alep, estimant que c'est "une guerre qui va prendre beaucoup de temps".
"Nous contrôlons désormais plus de 60% de la ville d'Alep", a affirmé le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle de la province d'Alep, en affirmant que "le peuple est avec eux".
"Ceci est totalement faux", a réagi un responsable au sein des services de sécurité. "Ce ne sont pas les terroristes qui avancent, c'est l'armée qui progresse doucement".
Ju. Vl. avec Nicolas Hénin et Belga




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