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Syrie: les pays du Golfe doutent des chances de succès du plan Annan

MONDE | Mis à jour le mardi 15 mai 2012 à 11h35

  • Les pays du Golfe commencent à douter "sérieusement" des chances de succès du plan de l'émissaire Kofi Annan pour la Syrie où les violences ont encore fait 9 morts mardi matin et 37 morts lundi à travers le pays.

    Afin d'accentuer la pression sur le régime de Bachar al-Assad, qui réprime dans le sang la révolte née en mars 2011, l'Union européenne a de son côté adopté un nouveau train de sanctions.

    Mais malgré les mesures de rétorsion et l'envoi d'une mission d'observateurs de l'ONU, la communauté internationale a été jusqu'ici incapable d'arrêter les violences et de faire respecter le cessez-le-feu, entré en vigueur le 12 avril conformément au plan Annan.

    "La confiance dans les efforts de l'émissaire international commence à faiblir sérieusement et rapidement", a jugé le prince Saoud al-Fayçal, chef de la diplomatie saoudienne, qui s'exprimait au nom de six monarchies du Golfe réunies à Ryad.

    "Les combats se poursuivent, la violence se poursuit, l'effusion de sang se poursuit. Rien n'a été accompli, à part le fait que le niveau de la violence a baissé. Mais peut-on considérer qu'il y a un progrès si 60 personnes par jour sont tuées au lieu de 80 ?", s'est-il interrogé.

    Actuellement, 189 observateurs de l'ONU se trouvent en Syrie pour surveiller l'application du plan Annan, dont certaines composantes de l'opposition considèrent comme un échec.

    Outre le cessez-le-feu, ce plan prévoit l'ouverture d'un dialogue politique, un accès humanitaire dans tout le pays et la libération de prisonniers.

    Des morts tous les jours

    Seize personnes, dont quinze civils, ont péri mardi dans des violences, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Lundi, 37 personnes dont neuf civils, avaient perdu la vie à travers le pays, toujours selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Le conflit gagne le Liban

    Tandis que la Syrie s'enfonce dans le chaos, les affrontements confessionnels entre sunnites hostiles au régime et alaouites partisans du président Bachar al-Assad ont gagné le Liban voisin.

    Depuis samedi soir, huit Libanais ont été tués dans des heurts confessionnels entre pro et anti-régime syrien à Tripoli, principale ville du nord de ce petit pays longtemps sous tutelle politique et militaire de la Syrie.

    L'armée libanaise est parvenue lundi soir à entrer dans une partie des quartiers en proie aux combats, a constaté un correspondant de l'AFP.

    Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont adopté leur 15e train de sanctions contre Damas, gelant les avoirs de deux entreprises et de trois personnes considérées comme des sources de financement du régime.

    Désormais, 128 personnes et 43 sociétés sont visées par ces sanctions qui ciblent notamment la Banque centrale. Un embargo sur le pétrole, les armes et le matériel pouvant servir à la répression a également été mis en place.

    Depuis l'éclatement le 15 mars 2011 d'une révolte populaire qui s'est peu à peu militarisée, les violences ont fait plus de 12 000 morts, en majorité des civils abattus par les troupes, selon l'OSDH.

    Al-Qaïda derrière les attentats ?

    La Russie a estimé, comme son allié syrien, qu'Al-Qaïda et les groupes associés à ce réseau étaient "derrière les attentats" commis récemment.

    Pour Mathieu Guidère, spécialiste du monde arabe et musulman, "Al-Qaïda n'est pas en Syrie. Mais il existe aujourd'hui quelques groupuscules de jihadistes qui optent pour (son) mode d'action".

    Plusieurs attentats, dont celui qui a fait 55 morts jeudi à Damas, auraient ainsi été revendiqués par un groupuscule inconnu avant la révolte, le Front Al-Nosra. Mais celui-ci a démenti. Dans un communiqué daté du 13 mai et mis en ligne sur des sites islamistes, le Front al-Nosra affirme que "plusieurs agences de presse, sites internet et chaînes satellitaires ont attribué les deux explosions de Damas au front, sur la base d'un clip vidéo mis en ligne sur YouTube".

    "Mais la vidéo et le communiqué qui y était joint sont faux et ont été fabriqués, et la vidéo est pleine d'erreurs", ajoute le communiqué.

    Le groupuscule extrémiste, inconnu avant la révolte en Syrie, affirme n'avoir "rien reçu du département militaire du front confirmant ou démentant" son implication dans l'attentat de Damas qui a visé deux branches des services de sécurité

    Selon Salman Shaikh, directeur du centre Brookings à Doha, le "degré de sophistication" des attentats montre que ce groupuscule a reçu l'aide de "forces professionnelles". Les renseignements syriens ont souvent été accusés de manipuler des jihadistes.

    Sur le plan politique, Damas a annoncé que les résultats des législatives tenues il y a une semaine seraient proclamés mardi, justifiant ce délai par le fait que plusieurs circonscriptions ont été appelées à revoter après des fraudes.

    La Ligue arabe a annoncé lundi soir le report à une date indéterminée d'une réunion de l'opposition syrienne prévue initialement mercredi et jeudi au Caire.


    AFP

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  • Image fournie par le réseau d'opposition Shaam News Network d'une manifestation contre le régime syrien, le 14 mai 2012 à Zabadani
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    Image fournie par le réseau d'opposition Shaam News Network d'une manifestation contre le régime syrien, le 14 mai 2012 à Zabadani

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    • Image fournie par le réseau d'opposition Shaam News Network d'une manifestation contre le régime syrien, le 14 mai 2012 à Zabadani

      Image fournie par le réseau d'opposition Shaam News Network d'une manifestation contre le régime syrien, le 14 mai 2012 à Zabadani

    • Des soldats libanais postés à l'entrée du quartier de Bab el-Tebbaneh, le 13 mai 2012 à Tripoli, au Liban

      Des soldats libanais postés à l'entrée du quartier de Bab el-Tebbaneh, le 13 mai 2012 à Tripoli, au Liban

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