Syrie: plus de 200 morts dans des bombardements à Homs, l'opposition en colère
MONDE | samedi 4 février 2012 à 8h11
En Syrie, ce vendredi de la colère s'est transformé en bain de sang. En quelques heures, plus de 200 personnes ont péri dans des bombardements dans la ville de Homs, le foyer de la contestation situé dans le centre du pays. Un peu partout, les ambassades de Syrie sont prises pour cible par des manifestants en colère.
Homs est une ville d'un million et demi d'habitants, située pas très loin de la frontière libanaise. Cette ville a déjà connu de nombreux affrontements, mais le bilan de la nuit dernière atteint un sommet. De 217 à 270 personnes, des civils, auraient péri dans des bombardements.
Le nombre est évidemment difficile à vérifier. C'est l'observatoire syrien des droits de l'Homme basé à Londres qui donne les chiffres, informé par des témoins sur place. Ces témoins évoquent l'hôpital local débordé, manquant de tout.
L'agence officielle, Sana, dément toute implication du régime. Mais ne dément pas le nombre de morts. Selon elle, les coupables sont "des hommes armés".
Quoi qu'il en soit, plus de 200 personnes ont perdu la vie à Homs. Mais d'autres ont été tuées dans d'autres villes du pays.
Les ambassades syriennes attaquées
L'opposition a demandé des manifestations devant toutes les ambassades syriennes. Chose faite déjà dans plusieurs capitales.Au Koweït, où vivent quelque 100 000 ressortissants syriens, des centaines de Syriens et de militants koweïtiens en colère ont tenté de prendre d'assaut l'ambassade.
Plusieurs personnes ont été arrêtées, et selon l'association koweïtienne des droits de l'Homme, une ONG, au moins deux manifestants ont été blessés dans un mouvement de foule lorsque les gardes de l'ambassade ont tiré plusieurs coups de feu en l'air pour disperser les manifestants.
Au Caire, des dizaines d'opposants syriens ont envahi l'ambassade vers 3 heures du matin, saccageant le bâtiment et mettant le feu au rez-de-chaussée.
Après avoir arraché la grille d'entrée, ils ont saccagé l'intérieur du bâtiment puis mis le feu à plusieurs pièces au rez-de-chaussée.
Samedi matin, des policiers égyptiens avaient été déployés pour protéger l'ambassade.
En Arabie saoudite, où les manifestations sont interdites, quelques dizaines de Syriens se sont rassemblés samedi matin devant l'ambassade de Syrie, avant d'être dispersés par la police.
En Europe, une cinquantaine de manifestants, des Syriens pour la plupart, ont également réussi à pénétrer dans l'ambassade de Syrie à Athènes, tôt samedi matin, brisant des vitres et inscrivant des mots d'ordre antigouvernementaux sur les murs. La police a arrêté 12 Syriens et un Irakien.
A Londres, environ 150 manifestants s'étaient rassemblés devant l'ambassade syrienne dans la nuit de vendredi à samedi, et cinq d'entre eux ont été arrêtés pour avoir pénétré dans l'ambassade.
Encore combien de morts pour que la communauté internationale intervienne ?
Au point où en sont les choses, il est à craindre que la situation actuelle persiste et s'aggrave. Pourquoi ? Tout d'abord parce que les deux camps sont de plus en plus armés. Le régime reçoit toujours des armes de ses alliés. La Russie en livre. Et l'opposition en reçoit également notamment par l'arrivée des déserteurs. Mais aussi sans doute de manière indirecte par les contacts à l'étranger. Les armes sont là et vu le nombre de désertions, les combats sont de plus en plus meurtriers.
Ensuite, la diplomatie est totalement bloquée. La ligue arabe écrit plan sur plan et sa mission sur place assiste impuissante aux combats. D'ailleurs plusieurs pays ont quitté la mission.
Quant à l'ONU, là aussi les projets de résolution s'écrivent et s'effacent. Car la Syrie dispose de deux alliés de poids aux Conseil de sécurité : la Chine et la Russie.
C'est surtout la Russie qui se charge du rôle de rempart diplomatique.
Ce samedi matin, une réunion du Conseil de sécurité pourrait aboutir à une résolution mais très édulcorée. La Russie n'acceptant aucun retrait du président actuel. Pas plus que les sanctions économiques ou l'interdiction de vente d'armes.
Bref, le texte serait une condamnation des violences. Sans plus.
RTBF
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Au moins 200 morts dans des bombardements à Homs, en Syrie
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