La Turquie a fermé ses postes-frontières avec la Syrie à partir de mercredi pour des "raisons de sécurité", alors que les rebelles syriens se sont emparés la semaine dernière de plusieurs postes côté syrien, a affirmé une source officielle turque.
"Nous avons pris une telle mesure pour nos citoyens pour des raisons de sécurité", a déclaré ce responsable turc sous le couvert de l'anonymat. "La réouverture dépendra des développements sur le terrain".
La mesure concerne les ressortissants turcs, a indiqué cette source. Les étrangers qui voudront passer la frontière devront signer un document les informant des dangers qu'ils encourent, a-t-elle ajouté.
La frontière turco-syrienne, longue de 877 kilomètres, comprend sept postes-frontières en activité. Les rebelles syriens contrôlent depuis la semaine dernière trois des sept postes côté syrien, qui constituent les principaux points de passage entre les deux pays: Bab al-Hawa, Al-Salama et Jarablus.
Lors de la prise du poste de Bab al-Hawa, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de la métropole syrienne d'Alep, une trentaine de camions turcs ont été pillés et neuf d'entre eux ont été brûlés.
Violents combats à Alep
Alep était mercredi en proie pour le sixième jour consécutif à de violents combats entre rebelles et forces du régime, ces dernières ayant lancé à Damas une offensive contre l'une des dernières poches de résistance rebelle de la capitale.
La métropole du Nord, qui s'est longtemps tenue éloignée des troubles entamés dans le pays il y a plus de 16 mois, est désormais le nouveau front dans la contestation anti-régime, lancée par des manifestations pacifiques et désormais largement militarisée face à la répression sanglante de Damas.
Mercredi, l'armée pilonnait plusieurs secteurs, recourant notamment à des hélicoptères mitraillant le quartier de Boustane al-Kasr où se déroulaient des combats, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui a fait état de "morts et de blessés" sans plus de précisions. D'autres combats ont éclaté à l'aube dans d'autres secteurs.
Selon un premier bilan de l'OSDH, 19 personnes, dont 18 civils, ont déjà été tuées mercredi dans des violences, au lendemain d'une journée marquée par la mort de 158 personnes, dont une centaine de civils.
Compte tenu des restrictions imposées à la presse par Damas et de la décision de l'ONU de ne plus comptabiliser les morts, il est impossible d'obtenir un bilan de source indépendante.
Bombardements par hélicoptères à Damas
A Damas, l'armée régulière, qui a repris lundi le contrôle de la plus grande partie de la capitale selon l'OSDH, bombardait Hajar el-Aswad, un des derniers bastions rebelles de la capitale, notamment à l'aide d'hélicoptères, et tirait avec des mitrailleuses lourdes, selon l'OSDH.
Par ailleurs, la contestation, qui a déjà gagné l'ensemble du pays, s'est étendue aux prisons, où plusieurs mutineries mobilisent également les forces de l'ordre notamment à Homs (centre) dont l'assaut s'est soldé par "des morts et des blessés", a indiqué l'OSDH sans préciser le bilan.
La Russie critique Europe et Etats-Unis
Face à la poursuite des violences, l'Union européenne a pris de nouvelles sanctions contre Damas, prévoyant notamment un renforcement des contrôles de l'embargo sur les armes transportées par des navires et aéronefs. Moscou a condamné ces mesures, y voyant "un blocus aérien et maritime".
Alors que les bilans s'alourdissent et que les violences redoublent dans le pays, où plus de 19 000 personnes ont perdu la vie depuis mars 2011 selon l'OSDH, deux observateurs de l'ONU à Damas ont affirmé à l'AFP que la moitié des 300 observateurs avaient quitté le pays.
Dans ce contexte, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, et le général Babacar Gaye, principal conseiller militaire de l'ONU et désormais à la tête des observateurs, sont arrivés à Damas alors que leur mission a été prolongée vendredi pour une "ultime période de 30 jours".
Nouvelle défection d'une diplomate
La chargée d'affaires syrienne à Chypre, Lamia Hariri, a bien fait défection, a confirmé une source syrienne. Cette défection est la deuxième du genre depuis mars 2011.
Le mari deLamia Hariri, ambassadeur syrien aux Emirats arabes unis, aurait également quitté son poste, selon Al-Jazeera, ce que cette source n'a pas confirmé.
De son côté, le général Manaf Tlass, plus haut gradé à avoir déserté, a appelé les Syriens à "s'unir (...) pour construire une nouvelle Syrie", dans sa première déclaration publique depuis sa défection le 6 juillet.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a de son côté appelé à "travailler étroitement avec l'opposition parce qu'elle gagne de plus en plus de terrain"
Son homologue russe Sergueï Lavrov a dénoncé une "justification du terrorisme", accusant Washington de ne pas avoir pas condamné l'attentat, revendiqué par l'ASL, dans lequel quatre hauts responsables de l'appareil sécuritaire syrien ont été tués.
Hillary Clinton a en outre exhorté les rebelles "à sécuriser les armes chimiques et bactériologiques" du régime.
Mardi, l'ASL a affirmé que le régime avait "transféré certaines de ses armes chimiques) (...) vers des aéroports à la frontière".
Israël a répliqué mercredi qu'il agirait de façon "immédiate" et aussi "dure que possible" en cas de transfert d'armes chimiques au Hezbollah libanais.
Moscou a toutefois assuré que Damas lui avait donné des "garanties fermes" selon lesquelles ses armes chimiques se trouvaient en parfaite sécurité.
AFP




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