Rwanda: la France rappelle son ambassadeur

Paul Kagale, président rwandais (à gauche)
Paul Kagale, président rwandais (à gauche) - EPA/DAREK DELMANOWICZ POLAND OUT
Belga News

La France a décidé de rappeler pour consultations son ambassadeur à Kigali après le refus des autorités rwandaises d'agréer son successeur, a annoncé lundi le ministère français des Affaires étrangères.

"Les autorités rwandaises ont refusé de donner cet agrément" et "nous avons rappelé notre ambassadeur (Laurent Contini) pour consultations afin d'étudier la situation", a déclaré un porte-parole du ministère, Vincent Floréani, lors d'un point de presse.

L'hebdomadaire Jeune Afrique (JA) avait révélé un peu plus tôt le refus à la mi-février par Kigali de la nomination d'Hélène Le Gal, actuellement consul de France au Québec.

Selon JA, le refus rwandais est motivé par le fait que Mme Le Gal "serait trop proche du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, considéré depuis toujours comme hostile au pouvoir en place à Kigali".

Le porte-parole français n'a ni confirmé ni infirmé cet élément dans sa réponse.

"Les relations entre la France et le Rwanda n'ont cessé de se renforcer depuis la visite du chef de l'Etat (Nicolas Sarkozy) à Kigali en février 2010, qui a scellé au plus haut niveau la relance politique et économique entre nos deux pays", a-t-il souligné.

"La bonne qualité de nos relations bilatérales est illustrée par les visites récentes en France de Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères, en juillet 2011, et du président Paul Kagamé en septembre", a-t-il ajouté.

Lors de ces deux visites, Alain Juppé n'avait, pour la première, pas reçu son homologue et, pour la deuxième, était absent de France avec un long voyage opportunément organisé à l'autre bout du monde.

Après sa prise de fonctions en mars 2011 au Quai d'Orsay, Alain Juppé avait dit n'avoir aucune intention "ni de serrer la main" de Paul Kagame ni de se rendre au Rwanda, tant qu'y circulerait un rapport accusant la France de complicité avec les génocidaires, rapport que le ministre avait qualifié de "tissu de mensonges et d'inventions".

A l'époque du génocide de 1994, Alain Juppé était déjà chef de la diplomatie française.


Belga

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