Mohamed Morsi présente un curriculum vitae surprenant pour un cadre des Frères musulmans. Né dans un village reculé d'une province rurale, il a effectué ses études d'ingénieur aux Etats-Unis, en Californie. Deux de ses cinq enfants ont d'ailleurs la nationalité américaine. Cela ne l'a pas empêché de militer dans un groupe anti-israélien, le Comité de résistance au sionisme. Il a consacré le plus clair de son activité aux Frères musulmans.
Sous le régime Moubarak, il a fait de la prison pour avoir soutenu des magistrats réformistes. Mais Mohamed Morsi n'aurait jamais du devenir président de l'Egypte. Peu charismatique, il était le porte-parole des Frères musulmans. Ce n'est que lorsque le candidat naturel du parti a été empêché de se présenter qu'il a dû se lancer dans la course à la présidence, soutenu par le puissant appareil de la confrérie.
Durant la campagne, Mohamed Morsi a montré deux visages. Pour le premier tour, il a tenu un discours conservateur, promettant de mettre en place la charia. Mais pour le second tour, il a adouci son propos pour séduire au-delà des islamistes. Il a dit vouloir préserver les droits de la minorité chrétienne et ne pas forcer les femmes à porter le voile. Premier président égyptien à ne pas être issu de l'armée, c'est surtout avec les militaires qu'il va maintenant devoir composer.
Daniel Fontaine




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