Qatar: retour en cercueils pour de nombreux ouvriers népalais

Qatar : retour en cercueils pour de nombreux ouvriers népalais
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Qatar : retour en cercueils pour de nombreux ouvriers népalais - © STR - BELGAIMAGE

La coupe du monde de football devrait avoir lieu au Qatar, à quelques kilomètres de Doha, dans une ville totalement crée pour l’occasion. Ce projet ambitieux a été évalué à 38 milliards d’euros, mais sans tenir compte de vies humaines sacrifiées sur les chantiers. Des centaines de migrants partis dans l’espoir d’un futur meilleur reviennent au Népal dans de petits cercueils rouges.

Depuis 2010 les organisations internationales de défense des Droits de l’Homme ont, à plusieurs reprises, dénoncé les conditions de travail sur les chantiers du Mondial. Ce sont plus d'un million et demi d’ouvriers qui ont été mobilisés pour construire ce stade de la démesure à raison de 12 heures de travail par jour, sous 50 °c pour quelques dollars par mois.

Sur ce million et demi de travailleurs immigrés actuellement au Qatar, 20 % sont des migrants népalais et 400 seraient morts depuis le début du chantier. Selon l’AFP il y aurait également 450 travailleurs indiens qui seraient morts entre 2012 et 2013.

Les experts de la Confédération Syndicale Internationale (CSI), venus au début du mois à Doha, ont fait leurs calculs. En supposant que le taux de mortalité ne faiblira pas d'ici à 2022 et en tenant compte des 1,5 million de travailleurs attendus en renfort dans le pays, ils ont conclu qu'au moins 4000 immigrés paieront de leur vie le Mondial qatari. "Davantage d'ouvriers périront durant la construction des infrastructures que de joueurs ne fouleront les terrains", a prédit Sharan Burrow, la secrétaire générale de la CSI (peut-on lire dans le Monde).

La situation économique du Népal oblige les plus démunis à quitter femmes et enfants pour subvenir aux besoins de la famille. Mille cinq cents Népalais quittent le pays chaque jour pour trouver du travail. Ce qui fait du Népal un des plus gros exportateurs de main d’œuvre. Une main d’œuvre peu qualifiée, illettrée, ignorant leurs droits et donc facilement exploitables dans un pays comme le Qatar. Surexploités, privés d’humanité et de leurs droits, ces ouvriers sont épuisés avec pour conséquence des accidents de travail et des suicides qui se succèdent. À l’aéroport de Katmandou, les cercueils rouges débarquent sur le tarmac par trois ou quatre tous les jours. Sur le document de décès il est systématiquement écrit : mort d’une crise cardiaque.

En septembre 2014, lors d’une conférence de presse à Berlin, l'émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, répondait aux critiques : "Concernant la situation des travailleurs étrangers, nous travaillons très sérieusement à ce que la situation s'améliore".

 

RTBF avec CNN

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