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Présidentielles russes: la critique de V. Poutine passe surtout par internet

MONDE | Mis à jour le vendredi 2 mars 2012 à 9h18

  • Les élections auront lieu dimanche en Russie, il s'agit de la présidentielle. Vladimir Poutine doit faire son retour au Kremlin, après quelques années passées à attendre, sur le fauteuil de Premier ministre. Dmitri Medvedev le remplacera comme Premier ministre, a-t-il confirmé. Le tout sera de savoir si Vladimir Poutine est toujours aussi plébiscité. Le dernier scrutin législatif a mis au jour un mouvement de contestation de plus en plus suivi.

    Les russes osent de plus en plus donner leur avis. Notamment sur internet, sur les réseaux sociaux. Mehdi Khelfat et Miguel Allo, nos envoyés spéciaux sur place, ont rencontré Alexandre Artémiev, journaliste sur un site web (Gazetta) et blogueur.

    "L’internet reste la sphère la plus libre que nous ayons (…) Aujourd’hui c’est bouillant parce qu’il existe une multitude de groupes qui rassemblent des gens qui veulent participer à des manifestations. Ils font imprimer des slogans et des choses comme ça (…) L’internet russe aujourd’hui c’est quelque chose de tout à fait pétillant. Cela me surprend, mais le plus surprenant, c’est qu’il y a des milliers de gens qui sont sortis dans les rues. C’est la première fois depuis des années, deux décennies.(…) Cela a pris des années pour que les jeunes s’investissent dans l’internet. Moi, je manifeste depuis 7 ans déjà. Nous étions des dizaines au départ, maintenant nous sommes des milliers. C’est super car la société, les dissidents doivent avoir la possibilité de manifester leur mécontentement. Avant seuls quelques marginaux le faisaient et l’apport était nul. Aujourd’hui, la situation est complètement différente", témoigne-t-il.

    Poutine n'a "pas décidé" s'il passera plus de vingt ans au pouvoir

    Vladimir Poutine a indiqué, lors d'un entretien à des médias étrangers dont le texte a été diffusé par le gouvernement russe, ne pas avoir décidé s'il comptait se présenter à la présidentielle de 2018 et donc rester 24 ans au pouvoir mais que cette perspective ne lui paraissait pas choquante.

    "Ce serait normal, si tout se passe bien, si ça plaît aux gens. Ce ne serait pas normal si les gens n'aiment pas, si les choses se passaient mal, si la personne s'accroche à son fauteuil et enfreint la loi", a-t-il expliqué.

    "Je ne sais pas si je veux être assis (au pouvoir) pendant vingt et quelques années. Je n'ai pas décidé encore. Pour le moment il est question de l'élection du président pour les six ans à venir", a-t-il dit.

    Dmitri Medvedev le remplacera comme Premier ministre

    Vladimir Poutine a également confirmé que l'actuel chef de l'Etat, Dmitri Medvedev, le remplacera comme Premier ministre conformément à un accord conclu entre eux dans le passé.

    "Comme je l'ai déjà dit, si les citoyens du pays me font confiance pour le poste de président du pays, alors je proposerais M. Medvedev comme chef du gouvernement de la Russie", a-t-il dit.

    "En quoi est-ce inhabituel ? Nous disons clairement et honnêtement au pays ce que nous proposons", a ajouté l'homme fort de la Russie.

    "On s'est mis d'accord par le passé que l'un de nous serait candidat à la présidentielle," a raconté Vladimir Poutine, "à la fin de l'année passée il était clair que la popularité de votre serviteur était supérieure à celle de Medvedev", a-t-il poursuivi.

    C.B. avec Mehdi Khelfat et AFP
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    Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, le 1er décembre 2011 à Moscou

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