Vladimir Poutine-Donald Trump: le rapprochement se fera attendre

Vladimir Poutine-Donald Trump: le rapprochement se fera attendre
Vladimir Poutine-Donald Trump: le rapprochement se fera attendre - © Tous droits réservés

Trump et Poutine, un flirt de courte durée: ils espéraient un rapprochement, mais les accusations de piratage russe du parti démocrate, puis de contacts suivis entre l’équipe de campagne de Donald Trump et des responsables du renseignement russe ont un effet boomerang.

Le responsable du conseil de sécurité nationale, Michael Flynn a été contraint de démissionner, Donald Trump lui cherche un successeur. Un des candidats pressentis a décliné l’offre. Le rapprochement qu’espéraient Donald Trump et Vladimir Poutine semble hors de portée. Pour l’instant en tous cas.

Premier obstacle à ce rapprochement: la crise politique qui secoue les Etats-Unis. Lors de sa conférence de presse de jeudi, Donald Trump a répété sa volonté de s’entendre avec la Russie. Deux grandes puissance nucléaires ont tout intérêt à s’entendre a-t-il souligné. Et il a accusé les médias comme The New-York Times ou The Wall street Journal de rendre impossible ce rapprochement, en diffusant des "fake news", des informations fabriquées à partir de fuites des services de renseignement. Il a aussi répété qu’il n’avait pas de lien ou de fortune placée en Russie. Et tandis que la confusion agite Washington, cette semaine, à Bruxelles et à Bonn, les membres du gouvernement américain ont essayé de rassurer les allés européens et de baliser les relations avec la Russie.

Replacer les balises

A Bonn, jeudi et vendredi à la réunion du G20 jeudi et vendredi, le secrétaire d’état Rex Tillerson a affirmé que la Russie doit respecter les accords de Minsk et contribuer à une désescalade de la violence en Ukraine. Un peu plus tôt dans la semaine, Sean Spicer, le porte-parole de Donald Trump, avait demandé à la Russie de rendre la Crimée, ce qui lui a valu une réplique très sèche de la porte –parole du ministère des affaires étrangères russes: "la Russie ne rend pas des territoires qui lui appartiennent". Mercredi et jeudi, à la réunion des ministres de la défense de l’Otan, le nouveau chef du Pentagone James Mattis a appelé la Russie à respecter le droit international. Et il a exclu toute collaboration militaire pour l'instant.  

Qui plus est, c’est à prévoir, les relations entre les Etats-Unis, les Européens et la Russie vont connaître de nouvelles tensions avec le déploiement en cours de 4000 soldats de l’Otan dans les pays baltes et en Pologne. C’était une décision du sommet de Varsovie l’été dernier. Déploiement auquel la Belgique participe en Lituanie. Cette semaine, à Bruxelles, les ministres de la défense de l’Alliance atlantique ont aussi décidé d’augmenter la présence de l’Otan en mer Noire. De leur côté, comme le révélait le New York Times mardi, sur base d’une source anonyme haut placée, le renseignement américain affirme que la Russie a secrètement déployé un nouveau type de missile, le SSC-8, un missile qui peut porter une charge nucléaire. Or, fabriquer et déployer ce missile contrevient au traité de désarmement nucléaire INF signé en 1987 par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan.

Beaucoup de chemin à parcourir

Les positions américaines et russes restent aussi très éloignées au Moyen-Orient, dans le conflit syrien. A Bonn, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson s’est efforcé de rassurer: il n’y aura pas de coopération miliaires avec les Russes tant qu’ils ne se distancieront pas de la position de Bachar Al Assad au sujet de l’opposition. 

Tandis que Washington est secoué par le scandale des relations inavouées entre des membres de l’équipe de Donald Trump et des responsables du renseignement russe, Vladimir Poutine lui est resté silencieux. Jeudi, il a demandé qu'Américains et Russes reprennent leurs échanges de renseignement dans le cadre de la lutte antiterroriste. Ce qui est une façon de répéter son souhait de coordonner avec les Etats-Unis la lutte contre l’organisation Etat Islamique. Un objectif que le candidat Donald Trump avait fait sien.

Mais tant que les soupçons de collusion entre l'entourage de Donald Trump et les services de renseignement russe persisteront, tout restera bloqué. Ce week-end à Munich, à la conférence annuelle sur la sécurité, le vice-président américain Mike Pence s'efforcera lui aussi d'apporter des éléments d'apaisement et de clarification aux alliés des Etats-Unis. Et ensuite le 20 février à l’Otan. Mais il n'est pas dit que cela suffira.   

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir