Pays-Bas: "Une forme de victoire culturelle indubitable de la droite radicale"

Pays-Bas: "Une forme de victoire culturelle indubitable de la droite radicale
Pays-Bas: "Une forme de victoire culturelle indubitable de la droite radicale - © JOHN THYS - AFP

L’Europe est soulagée au lendemain des élections législatives aux Pays-Bas. Le populiste Geert Wilders a perdu son pari. Il ne dirigera pas le pays puisque son parti islamophobe et eurosceptique a été battu par la formation du premier ministre sortant, le libéral Mark Rutte. Un résultat salué par de nombreux dirigeants européens.

Et pour cause, une victoire de Geert Wilders aurait été un nouveau coup dur pour l’Europe après le choc du Brexit et l’arrivée de Donald Trump aux Etats-Unis. Sa défaite est donc accueillie avec satisfaction.

Pas la première place mais une nette progression

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker y voit un "vote pour l’Europe, contre les extrémistes". Le président français François Hollande parle d’une "nette victoire" et a mis en exergue "les valeurs d’ouverture, de respect et de foi en l’avenir de l’Europe" pour conter les "pulsions nationalistes". La chancelière Angela Merkel, elle, a félicité Mark Rutte et s’est réjouie de "poursuivre une bonne collaboration en tant qu’amis, voisins, Européens".

Cela dit, Geert Wilders n’a pas décroché la première place mais il est quand même en progression. Si on analyse les résultats, on voit que le parti libéral de Mark Rutte a décroché 33 sièges au Parlement néerlandais, soit 8 de moins qu’en 2012. Dans le même temps, le PVV, le parti de Wilders, obtient 20 sièges, c’est 5 de mieux que lors du précédent scrutin. Et puis, il y un autre constat à prendre en compte : c’est la progression des idées de Geert Wilders, notamment ses positions très fermes sur les questions migratoires. Pour Pascal Delwit, politologue à l’ULB, le PVV remporte malgré tout une victoire : "Toute l'attention, non seulement bien sûr dans la campagne aux Pays-Bas, mais aussi à l'échelle européenne, s'est fixée sur les thématiques qu'a portées le PVV, en ce compris de la part des acteurs qui combattaient le PVV. Le fait que tout l'agenda de la campagne a tourné autour de ces thématiques, c'est une forme de victoire culturelle indubitable de la droite radicale, du PVV, de Geert Wilders ".

Un test pour les élections françaises et allemandes à venir ?

Ces élections néerlandaises étaient considérées comme un premier baromètre de la montée des populismes en Europe. D’autres élections à venir auront aussi valeur de test, à commencer par les présidentielles en France.

Les derniers sondages donnent Marine Le Pen, la candidate du Front National, gagnante au premier tour avec 26 ou 27 % des intentions de vote, devant Emmanuel Macron et François Fillon. Alors, est-ce que la contre performance de Geert Wilders pourrait avoir un impact négatif pour l’extrême droite française ? Pascal Delwit n’en est pas convaincu : "Je crois que l'impact pour la campagne présidentielle en France sera mineur et que, somme toute, l'élection présidentielle française et l'élection législative en Allemagne à la sortie de l'été, auront leur dynamique propre. On voit qu'en France, Marine Le Pen, pour plein de raisons, reste en haut des intentions de vote. En revanche, on constate qu'en Allemagne, la dynamique de l'AFD [Alternative pour l'Allemagne, parti politique eurosceptique, ndlr] est plutôt en train de s'essouffler pour l'instant. On observe néanmoins toujours en filigrane que les thématiques portées par ces partis restent au coeur des campagnes. On l'observe en France, et on l'observe aussi déjà en Allemagne".

La fin de la fascination pour les partis populistes de la droite ?

D'autres observateurs de la politique européenne croient tout de même percevoir dans le vote néerlandais la fin de la fascination pour les partis populistes de la droite. L'arrivée au pouvoir de Donald Trump aurait ouvert les yeux de nombreux citoyens sur la menace potentielle que pourrait représenter cette tendance politique. On verra si cette analyse se confirme dans les urnes. Et ce, dès le 23 avril prochain lors du premier tour de la présidentielle française.

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