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Les pays "Amis du peuple syrien" exigent une résolution contraignante de l'ONU

MONDE | Mis à jour le vendredi 6 juillet 2012 à 17h22

  • La conférence de Paris des Amis de la Syrie a appelé vendredi le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter "d'urgence" une résolution contraignante, assortie d'une menace de sanctions, endossant le plan de Kofi Annan et l'accord souscrit le semaine dernière à Genève sur une transition politique.

    Dans ce cadre, les participants à cette réunion ont demandé que cette résolution "impose des mesures (...) pour en assurer le respect", à savoir des sanctions au niveau de l'ONU qui pourraient ainsi frapper le régime de Damas. La Syrie n'est actuellement visée que par des sanctions décidées séparément par les Etats-Unis, l'Union européenne ou la Ligue arabe.

    Le "chapitre VII" de l'ONU ouvre la voie à des sanctions ou même au recours à la force contre ceux qui ne respecteraient pas le texte de résolution. Mais les conclusions adoptées vendredi à Paris limitent à ce stade les moyens de pression à la menace de sanctions.

    Bachar al-Assad "doit quitter le pouvoir"

    Les mesures pour imposer le respect de la résolution s'inscriront dans le cadre de l'article 41 de la charte de l'ONU, selon les conclusions des participants. Cet article dit que le Conseil de sécurité "peut décider quelles mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions".

    Les règles de l'ONU prévoient aussi le recours à un article 42. Celui-ci dit que "si le Conseil de sécurité estime que les mesures prévues à l'Article 41 seraient inadéquates ou qu'elles se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales".

    La conférence affirme aussi "clairement" que le président Bachar al-Assad doit "quitter le pouvoir"

    "Les participants sont convenus et ont clairement affirmé que ceux dont la présence compromettrait la crédibilité de la transition devraient être mis à l'écart. A cet égard, ils ont tenu à souligner que Bachar al-Assad devait abandonner le pouvoir", selon le texte.

    Didier Reynders favorable à une "présence armée"

    Didier Reynders, qui représente le Benelux lors de cette conférence, a regretté que "la barbarie continue" et que la situation humanitaire soit aussi "déplorable" en Syrie.

    Le ministre des Affaires étrangères s'est prononcé en faveur d'une "présence armée" sur le terrain. Il a lancé un appel urgent à la Russie et à la Chine afin que ces deux pays soutiennent l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution sous chapitre VII de la charte onusienne pour concrétiser la transition politique politique en Syrie.

    Au nom du Benelux, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a appelé Moscou et Pékin - qui se sont, comme les trois autres membres permanents du Conseil de sécurité (France, Grande-Bretagne et Etats-Unis) entendus samedi dernier à Genève sur la proposition de la formation d'un gouvernement de transition en Syrie et sur la nécessité d'appliquer le plan de l'émissaire international Kofi Annan qui prévoit notamment une trêve jamais entrée en vigueur - de "franchir à présent l'étape suivante".

    C'est-à-dire soutenir le vote d'une résolution sous chapitre VII, "endossant une feuille de route concrétisant cette transition politique et la rendant ainsi contraignante", a indiqué le chef de la diplomatie belge dans un communiqué.

    Le Benelux a également demandé que des sanctions supplémentaires puissent être imposées au régime syrien "afin d'accroître la pression internationale ainsi que l'efficacité des mesures déjà adoptées par nos pays" et qu'elles soient appliquées de manière uniforme au moins par tous les participants à la troisième réunion ministérielle des "Amis de la Syrie", à laquelle les ministres des Affaires étrangères des trois pays - M. Reynders pour la Belgique, Uri Rosenthal pour les Pays-Bas et Jean Asselborn pour le Luxembourg - ont participé.

    Le Benelux salue enfin les nouvelles défections ayant touché les forces du régime syrien - dont celle vendredi du général Mounaf Tlass, un ami d'enfance du président Bachar al-Assad - et réitère sa demande de mise en oeuvre de mesures facilitant la désertion, notamment en créant des perspectives de participation à la reconstruction de la Syrie.

    Nouvelle résolution de l'ONU très critique (mais non contraignante) adoptée

    Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté vendredi une nouvelle résolution très critique envers Damas, mais appelant toutes les parties à cesser la violence et insistant sur la nécessité de mener une véritable enquête internationale sur les crimes commis par toutes les parties.

    Au dernier jour de la session d'été du Conseil, cet organe onusien a procédé à la demande de la Russie au vote de la résolution, proposée par les Etats-Unis et la Turquie, qui a été adoptée par 41 voix pour et 3 contre (Russie, Chine et Cuba), tandis que 3 pays se sont abstenus (Ouganda, Philippines et Inde).

    Le texte condamne "les violations flagrantes, généralisées et systématiques des droits de l'homme en Syrie", ainsi que les crimes commis par les miliciens pro-régime chabiha et le fait que les autorités ciblent "sans indiscrimination les civils", dont les enfants. Il demande à toutes les parties de cesser la violence sous toutes ses formes et déplore "les conséquences alarmantes sur les droits de l'homme du manque de mise en oeuvre du plan en six points" de Kofi Annan.

    Il appelle à l'application du plan de l'émissaire international sans condition préalable et insiste aussi sur la nécessité d'enquêter sur les violations afin de traduire en justice les responsables, qui pourraient être accusés de "crimes contre l'humanité".

    RTBF avec agences

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