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Pakistan: Imran Khan reste alité, vague de sympathie dans le pays

MONDE | mercredi 8 mai 2013 à 23h49

  • Les médecins ont conseillé mercredi à l'étoile montante de la politique pakistanaise Imran Khan de rester alité après s'être blessé à la tête et au dos lors d'un accident qui soulève une vague de sympathie dans le pays à moins de trois jours des élections.

    L'ancien champion de cricket devenu l'une des principales figures de l'opposition avait chuté mardi soir d'un monte-charge qui devait le déposer sur la scène lors d'un meeting devant des milliers de partisans à Lahore, la deuxième ville du pays.

    Les images du "héros" national, 60 ans, le visage ensanglanté, transporté à bras le corps par des membres de son entourage jusqu'à sa voiture, avaient bouleversé le pays.

    Selon ses médecins, M. Khan a deux vertèbres fracturées et une blessure mineure à la tête.

    "Sa moelle épinière est intacte. Monsieur Imran Khan contrôle tous ses membres... il n'a aucune séquelle neurologique", a déclaré mercredi le Dr. Faysal Sultan, le directeur de l'hôpital Shaukat Khanum lors d'une conférence de presse. "Il a été conseillé à M. Khan de rester au lit pendant encore une journée ou deux. Après cela, son état de santé sera réévalué", a-t-il ajouté.

    Au cours des derniers mois, Imran Khan a électrisé les foules à travers le pays en appelant à la fin du monopole des deux grands partis traditionnels, le PPP du clan Bhutto et le PML-N de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, ainsi qu'à l'éradication de la corruption.

    Nawaz Sharif demeure le grand favori des élections de samedi, mais les performances d'Imran Khan brouillent les cartes à l'approche de ce scrutin qui pourrait déboucher sur une coalition.

    Après les blessures de Khan, les grands partis pakistanais ont marqué une pause mercredi. Le PML-N de Nawaz Sharif, qui se dispute le même électorat de centre-droit qu'Imran Khan, chef du Mouvement pour la Justice (PTI), a annulé "de nombreux meetings" dans son fief du Pendjab, a indiqué son porte-parole Siddiqul Farooq.

    La campagne électorale a été assombrie par une série d'attaques menées par les islamistes talibans qui ont fait plus de cent morts.

    Mercredi, à Peshawar, dans le nord-ouest, un homme qui projetait de commettre un attentat suicide contre une réunion électorale a fait exploser sa bombe alors qu'il était cerné dans une maison, a annoncé le chef local de la police, Sheikh Liaqat Ali Khan. Deux policiers ont été tués dans un échange de tirs.

    Dans une autre attaque, un attentat suicide a fait trois morts et 23 blessés devant un commissariat dans le district de Bannu dans le nord-ouest, a dit la police.

    A Karachi, la capitale économique du pays, un attentat à la bombe a fait dix-huit blessés, ont rapporté la police et des médecins. Un haut responsable de la police, Sarfaraz Nawaz, a précisé que la bombe, dissimulée dans une voiture, "paraissait être une tentative de provoquer la peur parmi la population avant les élections".

    Imran Khan, qui a quitté l'unité des soins intensifs pour une chambre privée, avait accordé une interview à un journaliste d'une chaîne locale tard mardi soir, couché sur son lit d'hôpital, le cou enserré par des attelles.

    "J'ai fait ce que j'ai pu pour ce pays. Rappelez-vous, le 11 mai, il faut sortir de chez vous et voter pour le PTI sans vous préoccuper de vos candidats locaux. Votez seulement pour le PTI et ses idées", a-t-il soufflé au micro.

    Différentes chaînes locales rediffusaient en boucle mercredi matin l'interview d'Imran Khan alité, mais cette fois avec la mention "publicité de campagne électorale payée", son parti ayant décidé de jouer à fond la carte du "vote de sympathie".

    "Cette vidéo est devenue une bénédiction car elle pourrait lui permettre d'attirer un vote de sympathie", a indiqué un responsable d'une chaîne pakistanaise sous le couvert de l'anonymat.

    Pour Sahib Zada, un étudiant en biochimie, "cette blessure a permis de révéler la force d'Imran Khan". "Au Pakistan, les gens ont de la sympathie lorsqu'un tel événement se produit, cela pourrait se répercuter par un bond de cinq, voire dix points dans nos soutiens", pense Salman Malik, un partisan du PTI de Khan.

    L'assassinat de Benazir Bhutto, en décembre 2007, peu avant les dernières élections législatives, avait véritablement traumatisé le pays et suscité une vague de sympathie ayant facilité l'élection de son Parti du peuple pakistanais (PPP).


    AFP
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  • Imran Khan en meeting à Lahore le 7 mai 2013
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    Imran Khan en meeting à Lahore le 7 mai 2013

    Rizwan Tabassum
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