Au moins dix personnes ont été tuées dimanche à Kaduna, dans des émeutes qui ont éclaté peu après les attentats anti-chrétiens qui a visé cinq églises de cette région du nord du Nigeria, a constaté un correspondant de l'AFP.
Deux attaques ont d'abord visé deux églises de la ville de Zaria, dans l'Etat de Kaduna.
L'agence d'Etat pour les gestion des situations d'urgence (NEMA) et des habitants ont indiqué que les explosions s'étaient produites dans deux secteurs de la ville déjà frappée dans le passé par le groupe islamiste Boko Haram.
"La NEMA confirme que deux explosions ont eu lieu à Wusasa et Dabon-Gari de la ville de Zaria, dans l'Etat de Kaduna. Des sauveteurs et des agents de sécurité se sont rendus sur place", a déclaré son porte-parole Yushau Shuaib dans un communiqué
Des habitants ont dit craindre que de nombreux fidèles aient trouvé la mort dans les attentats commis contre la cathédrale catholique du Christ Roi et l'église évangélique de la Bonne Nouvelle.
Peu après, des responsables indiquaient qu'un troisième attentat à la bombe s'était produit contre une église de Kaduna, la capitale de l'Etat du même nom et distante de quelques dizaines de kilomètres de Zaria.
Il n'était pas non plus immédiatement possible de savoir si cette troisième explosion avait ou non causé des victimes.
Deux autres bombes visent des églises
"Il y a eu deux attaques simultanées à la bombe contre des églises dans les quartiers (à majorité chrétienne) du sud de la ville de Kaduna, Nassarawa et Barnawa, ce matin. Nous attendons toujours d'avoir des informations sur le nombre d'éventuelles victimes", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'Agence Nationale des secours d'urgences (NEMA), Aliyu Mohammed.
Couvre-feu de 24 heures
Un couvre-feu de 24 heures a été décrété dans l'État de Kaduna. "Le gouvernement a approuvé un couvre-feu de 24 heures avec effet immédiat dans tout l'Etat (...)", a indiqué le porte-parole du gouvernement local, Reuben Buhari. "Un couvre-feu de 24 heures est désormais en vigueur dans tout l'Etat", a confirmé un porte-parole de la police, Aminu Lawan.
Une semaine après des attentats revendiqués par Boko Haram
Dimanche dernier, des attentats revendiqués par les islamistes de Boko Haram avaient visé deux églises du centre et du nord-est du Nigeria, faisant quatre morts, dont un kamikaze, et une cinquantaine de blessés.
Un porte-parole de Boko Haram avait déclaré que ces attaques voulaient démonter que le groupe restait actif malgré les opérations de répression des forces de sécurité nigérianes.
"L'Etat nigérian et les chrétiens sont nos ennemis et nous lancerons des attaques contre l'Etat et son appareil sécuritaire ainsi que contre les églises jusqu'à ce que nous achevions notre but qui est d'établir un Etat islamique à la place de l'Etat laic", avait-il dit.
Boko Haram multiplie depuis mi-2009 les attentats contre les responsables gouvernementaux, les forces de sécurité et les minorités chrétiennes dans les villes du nord à majorité musulmane. Ces violences ont fait plus d'un millier de morts depuis cette date.
AFP




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