"Je suis personnellement choqué et horrifié par les événements tragiques d'il y a deux jours", a déclaré à la presse Kofi Annan à son arrivée à Damas, en référence au massacre perpétré dans cette ville du centre de la Syrie où une centaine de personnes dont une cinquantaine d'enfants ont péri vendredi.
"C'était un acte répugnant, aux conséquences profondes", a-t-il ajouté, affirmant que l'ONU "continuait à enquêter sur les attaques à Houla".
"Je prévois d'avoir des discussions sérieuses et franches" avec le président Assad, a expliqué M. Annan, ajoutant vouloir parler avec "les autres acteurs" pendant son séjour dans la capitale syrienne.
L'émissaire international doit rencontrer "des représentants de l'opposition et de la société civile" et le général Robert Mood, chef de la mission des observateurs en Syrie, a indiqué Ahmad Fawzi, son porte-parole.
"Ceux qui sont responsables de ces crimes brutaux devront en répondre", a lancé le médiateur, affirmant qu'il "comprenait" que le gouvernement syrien mène aussi une enquête.
Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne la Syrie
Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné dimanche le gouvernement syrien pour le massacre de Houla. Même la Russie, qui hésitait, s'est jointe au vote. Pourtant, le régime continue de nier sa responsabilité.
"Mensonges", "un tsunami de mensonges" a même déclaré l'ambassadeur de Syrie à l'ONU. La Syrie a créé une commission d'enquête sur ce massacre qui a fait 108 morts, dont 49 enfants et 7 femmes, dans cette ville du centre du pays. En outre, il y a eu 300 blessés.
La Russie a souligné lundi qu'elle ne soutenait pas le pouvoir de Bachar al-Assad, au lendemain de nouveaux massacres en Syrie, mais a accusé certains pays étrangers de faire le jeu de la spirale de la violence en visant avant tout un changement de régime à Damas.
Cette mise au point du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l'issue d'entretiens avec son homologue britannique William Hague, est intervenue alors que Moscou est sous une pression croissante pour lâcher le régime de Damas après le massacre qui a fait au moins 108 morts à Houla (centre).
"Nous avons là une situation où manifestement les deux parties (en conflit) ont participé" au massacre, a déclaré M. Lavrov, arguant de la présence de blessures à bout portant en plus des tirs d'artillerie attribués à l'armée régulière syrienne.
"Nous exigeons qu'une enquête soit menée sur ce qui s'est produit à Houla", a-t-il poursuivi.
La Russie a été très critiquée ces derniers mois pour avoir fait obstruction au Conseil de sécurité de l'ONU à des résolutions occidentales blâmant le régime de Damas. Moscou a aussi continué de livrer des armes à son allié de longue date en dépit des craintes qu'elles soient utilisées dans la répression contre la population civile.
"Pour nous, le plus important n'est pas de se préoccuper de qui est au pouvoir en Syrie, le plus important est de mettre fin à la violence", a affirmé M. Lavrov.
"Nous ne soutenons pas le gouvernement syrien. Nous soutenons le plan de Kofi Annan", le médiateur international de l'ONU en Syrie, a-t-il ajouté.
"Il faut que les acteurs extérieurs jouent le même jeu, un jeu visant à la mise en oeuvre du plan Annan, pas au changement de régime", a-t-il poursuivi, affirmant que Moscou exerçait des pressions tant sur le gouvernement syrien que sur l'opposition.
"Nous avons l'impression que certains joueurs extérieurs ne disent pas aux opposants la même chose que nous", a-t-il noté.
"Nous savons que l'opposition armée, du moins sa partie la plus radicale, reçoit en permanence des signaux pour ne pas cesser" les combats, a-t-il encore déclaré, sans préciser d'où provenaient ces signaux.
Le ministre britannique a de son côté souligné l'importance du rôle de la Russie et l'a encouragée à faire davantage pression sur le régime syrien.
"Il est urgent de faire tous les efforts pour entamer le processus politique et encourager (...) le régime d'Assad à mettre en place le plan qu'il n'a pas encore mis en place", a dit M. Hague.
La conséquence d'un échec, a-t-il averti, serait "la descente vers une guerre civile généralisée et l'explosion", et non "la reprise du contrôle du pays par le régime".




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