Libye: "Les frappes de l'OTAN continueront aussi longtemps qu'il le faut"

Mahmoud Jibril, numéro 2 du CNT, reçu le 24 août 2011 à l'Elysée par Nicolas Sarkozy
Mahmoud Jibril, numéro 2 du CNT, reçu le 24 août 2011 à l'Elysée par Nicolas Sarkozy - © Lionel Bonaventure (archives AFP)

A la conférence sur l'avenir de la Libye, co-présidée par la France et la Grande-Bretagne, Nicolas Sarkozy a affirmé que les frappes de l'Otan allaient se poursuivre "tant que Kadhafi sera une menace".

Les participants à la conférence internationale sur la Libye réunie jeudi à Paris ont décidé "la levée du gel des avoirs" du régime déchu de Mouammar Kadhafi, au profit des nouvelles autorités libyennes, a annoncé le président français Nicolas Sarkozy à l'issue de la réunion.

"L'argent détourné par M. Kadhafi et ses proches doit revenir aux Libyens. Nous nous sommes tous engagés à débloquer l'argent de la Libye d'hier pour financer le développement de la Libye aujourd'hui", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse. "Une quinzaine de milliards de dollars sont immédiatement dégelés", a déclaré le président français à la presse à l'issue de cette conférence.

Le président français, Nicolas Sarkozy, et le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ont annoncé jeudi à Paris la poursuite des frappes de l'Otan tant que Mouammar Kadhafi représentera une menace pour son peuple.

"Nous nous sommes mis d'accord pour la poursuite des frappes de l’OTAN tant que M. Kadhafi et ses partisans seront une menace pour la Libye", a déclaré le président Sarkozy.

"Nous avons annoncé que les opérations se poursuivraient aussi longtemps que nécessaire, aussi longtemps qu'il y a une menace pour les civils", a déclaré pour sa part le secrétaire général de l’OTAN le général Anders Fogh Rasmussen.

Le CNT doit engager un processus de "réconciliation et de pardon"

Les nouvelles autorités libyennes du Conseil national de transition (CNT) doivent engager un "processus de réconciliation et de pardon", a affirmé jeudi le président français Nicolas Sarkozy, à l'issue de la conférence internationale sur la Libye réunie à Paris.

"Les participants vont demander au CNT d'engager un processus de réconciliation et de pardon pour que les erreurs faites dans d'autres pays dans le passé nous servent de lumière", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Mouammar Kadhafi "doit être arrêté, aux Libyens de décider où il sera jugé"

"M. Kadhafi doit être arrêté et les Libyens décideront librement s'il doit être jugé et où il doit être jugé ( ...). Ce n'est pas notre décision, c'est la décision des Libyens", a affirmé Nicolas Sarkozy affirmant que les participants à la conférence voulaient "un Etat de droit" en Libye.

Près de six mois après avoir accueilli, le 19 mars, la conférence qui a lancé l'intervention militaire contre le "guide" libyen, le président français Nicolas Sarkozy a convié à partir de 17h00 (15h00 GMT) à l'Elysée, avec le Premier ministre britannique David Cameron, les représentants d'une soixantaine de pays avec l'ambition affichée de concrétiser politiquement la victoire militaire qui a précipité la fin du régime Kadhafi.

"Sur le plan militaire, la partie est jouée", résume un proche du président français. "Il est maintenant fondamental de réussir la transition (...) mais si on attend, on risque de la faire échouer".

Pour y parvenir, Nicolas Sarkozy a élargi le format de sa conférence en y invitant, outre la trentaine de membres du "groupe de contact" qui ont soutenu les frappes aériennes, les représentants de pays qui y étaient jusque-là hostiles à l'opération de l'Otan ou jugé qu'elle dépassait le cadre fixé par la résolution 1973 des Nations unies.

Membres de la coalition, le Canadien Stephen Harper, l'Américaine Hillary Clinton, l'Italien Silvio Berlusconi et les secrétaires généraux de la Ligue arabe Nabil al-Arabi et de l'ONU Ban Ki-moon sont attendus à Paris. Mais aussi l'Allemande Angela Merkel, des ministres chinois et russe, ainsi que l'ambassadeur brésilien au Caire, Cesario Melantonio, présent, selon Brasilia, en tant qu'"ambassadeur extraordinaire pour le Moyen Orient".

La participation de l'Afrique du Sud, également invitée, n'a pas été confirmée.

Les deux principaux responsables du Conseil national de transition (CNT, organe politique de la rébellion libyenne), Moustapha Abdeljalil et Mahmoud Jibril, doivent profiter de leur présence à Paris pour présenter leur "feuille de route" vers la démocratie et, surtout, leurs besoins urgents en matière d'aide et de reconstruction.

Ils doivent aussi plaider pour le dégel des dizaines de milliards de dollars déposés par le clan Kadhafi dans les banques internationales. A ce jour, seuls deux enveloppes d'environ 1,5 milliard de dollars chacune ont été libérées des comptes américains et britanniques où elles dormaient, sur un pactole total estimé à environ 50 milliards.

AFP

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