Le quotidien officiel New Light of Myanmar a annoncé l'amnistie de 37 hommes et neuf femmes, pour "assurer la stabilité de l'Etat (...) et la réconciliation nationale, permettant à tous de participer au processus politique". "Nous avons reçu confirmation de la libération de quelque 20 prisonniers politiques dans le cadre de l'amnistie", a précisé de son côté à l'AFP Kaung Kaung, membre de Génération 88, une organisation étudiante à l'origine des manifestations de 1988.
La résistance
Le mouvement avait été violemment réprimé par la junte. Il est resté une des dates symboliques de la résistance populaire à l'oppression militaire. Le gouvernement birman avait déjà libéré 200 prisonniers de conscience en octobre 2011 et 300 en janvier 2012. Mais le nombre exact d'entre eux - journalistes, avocats, moines, militants - encore emprisonnés demeure sujet à débat. La Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de la députée et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, faisait état jusqu'à présent de 330 militants. D'autres organisations avancent des chiffres supérieurs.
Parmi les bénéficiaires de cette mesure présidentielle figurerait Aye Aung, considéré par Amnesty International comme un "prisonnier de conscience". Arrêté en 1998 pour ses activités politiques notamment au sein de l'université, il avait été condamné à 59 ans de prison, une peine ensuite réduite à 29 ans. La junte qui dirigeait le pays depuis un demi-siècle a cédé le pouvoir il y a un an et demi à d'anciens généraux qui ont depuis multiplié les réformes, gagnant ainsi progressivement une certaine confiance de la part de l'Occident.
"Nous construisons une nation démocratique"
L'Union européenne a notamment suspendu ses sanctions économiques. "Il ne devrait pas y avoir de prisonniers politiques alors que nous construisons une nation démocratique. Nous espérons que les autres seront libérés", a souligné mardi Ko Ko Gyi, un des cadres de Génération 88. En juin à Oslo, alors que l'opposante Aung San Suu Kyi venait de prononcer son discours de récipiendaire du prix Nobel de la paix, un ministre birman avait indiqué que d'autres prisonniers politiques seraient rapidement libérés.
La "Dame" de Rangoun avait-elle même renouvelé son appel pour une amnistie complète et sans condition des militants encore sous les verrous. "Un prisonnier d'opinion est un de trop (...). S'il vous plait, souvenez-vous d'eux et faites tout ce qui est en votre pouvoir pour parvenir au plus tôt à leur libération inconditionnelle", avait-elle déclaré lors de son discours d'Oslo.
Un total de 34 détenus étrangers ont par ailleurs été libérés et "expulsés", selon le new Light of Myanmar. Un haut responsable birman a précisé à l'AFP qu'il s'agissait de détenus du Bangladesh voisin, qui purgeaient une peine pour infraction à la loi sur l'immigration.
AFP




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