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Les Serbes votent inquiets pour leur avenir économique

MONDE | Mis à jour le dimanche 6 mai 2012 à 8h40

  • Les Serbes votaient dimanche aux élections présidentielle, législatives et locales marquées par le duel entre le camp pro-européen du président sortant, Boris Tadic, et les nationalistes populistes de Tomislav Nikolic, avec en toile de fond une économie en crise.

    Plus de 6,7 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour décider lequel des deux hommes a réussi à les convaincre de sa capacité de sortir le pays du marasme économique.

    Selon les derniers sondages, le Parti démocratique (DS) de Boris Tadic et le Parti serbe du progrès (SNS, opposition) du conservateur populiste Tomislav Nikolic sont à égalité avec environ 30% des intentions de vote chacun pour les législatives.

    Les deux hommes s'affronteront ensuite au deuxième tour de la présidentielle le 20 mai, que Boris Tadic devrait remporter.

    Aucune des deux formations ne pourra former seule une nouvelle majorité, et les socialistes de l'actuel ministre de l'Intérieur, Ivica Dacic, vont de nouveau jouer le rôle de faiseurs de rois, comme lors des élections de 2008.

    Selon des analystes, le parti de Ivica Dacic devrait de nouveau soutenir celui de Boris Tadic dans la formation du gouvernement.

    L'économie au centre des débats

    Pour la première fois depuis l'éclatement de la Yougoslavie au début des années 1990, les enjeux économiques ont dominé les débats, preuve de la préoccupation générale dans un pays où l'économie devait stagner en 2012 et confronté à un chômage record de 24%.

    "Je suis venu tirer ma balle démocratique contre ce régime, en espérant qu'il tombera aujourd'hui", a affirmé Ivan Radakovic, un commerçant quinquagénaire, venu voter de bonne heure à Belgrade, par une journée ensoleillée.

    Pour Zivka Jovanovic, "aucun des candidats n'est vraiment bon". "Mais je me suis résignée à voter pour ceux qui sont les moins mauvais", dit cette professeur de chimie à la retraite, sans toutefois dissimuler sa sympathie pour Boris Tadic.

    Durant la campagne électorale, Boris Tadic, 54 ans -- qui a conduit la Serbie, isolée politiquement et économiquement dans les années 1990, au seuil de l'Union européenne--, a invité ses compatriotes à décider s'ils voulaient "poursuivre les changements et le développement" en lui accordant un dernier mandat présidentiel de cinq ans.

    Le président Tadic rend responsable de la situation économique de la Serbie la "pire crise économique dans le monde de ces cent dernières années". Belgrade a obtenu en mars le statut de candidat à l'intégration dans l'UE, et Boris Tadic a assuré que l'adhésion interviendrait "dans cinq ans".

    Battu par Boris Tadic lors des deux précédents scrutins présidentiels, Tomislav Nikolic, 60 ans, a capitalisé notamment sur le mécontentement grandissant de la population frappée par la crise économique. Il a promis d'augmenter les impôts pour les riches et de redistribuer les revenus aux plus démunis, ainsi que d'attirer des milliards d'euros d'investissements.

    Le Kosovo n'est plus un sujet central

    L'indépendance du Kosovo, proclamée en 2008, et que Belgrade refuse de reconnaître, jadis sujet central durant les campagnes électorales, a été reléguée au second plan.

    Au Kosovo, l'élection présidentielle et les législatives sont organisées par l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE).

    Dix-huit partis et alliances politiques ont présenté des listes pour renouveler l'Assemblée parlementaire de 250 sièges, dont le mandat est de quatre ans. Les législatives auront lieu en un seul tour à la proportionnelle.

    Douze candidats briguent le mandat présidentiel d'une durée de cinq ans.

    AFP

  • Une affiche du président serbe sortant Boris Tadic, le 5 mai 2012 à Belgrade
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    Une affiche du président serbe sortant Boris Tadic, le 5 mai 2012 à Belgrade

    Dimitar Dilkoff
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    • Une affiche du président serbe sortant Boris Tadic, le 5 mai 2012 à Belgrade

      Une affiche du président serbe sortant Boris Tadic, le 5 mai 2012 à Belgrade

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