Les réactions à la mort de Mouammar Kadhafi

Scènes de joie en Libye
Scènes de joie en Libye - © Mahmud Turkia (AFP)

Les réactions suite à l'annonce par le CNT de la mort de l'ex-dirigeant libyen ne se sont pas fait attendre.

Il a dit s'attendre à la fin prochaine de la résistance livrée par les partisans de l'ancien régime.

S'il est encore en vie, le dirigeant déchu devrait comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye - qui a lancé contre lui, son fils Seif Al-Islam et son beau-frère Abdallah Al-Senoussi un mandat d'arrêt pour "crimes contre l'humanité" -, a affirmé Yves Leterme à la VRT, en marge de la séance plénière de la Chambre.
     
Le chef du gouvernement a rappelé que le but de l'intervention occidentale en Libye - dirigée par l'Otan depuis le 31 mars sous le nom d'opération "Unified Protector" - n'avait pas pour but d'arrêter Kadhafi. Cette mission, à laquelle la Belgique participe activement, vise à protéger la population libyenne de la répression lancée par le régime Kadhafi après le début de l'insurrection, en février dernier.

La Belgique a insisté au cours des derniers jours de l'opération de l'OTAN en Libye pour que l'on ôte au dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi toute "route de fuite", a affirmé jeudi le ministre de la Défense Pieter De Crem à la suite de la mort du leader déchu.

"On a insisté pour que toute possibilité d'échappatoire lui soit exclue", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse tenue à Bruxelles.

"Donner une route de fuite à Kadhafi aurait été inacceptable pour nous (le gouvernement) et l'opinion publique", a ajouté Pieter De Crem, flanqué des principaux responsables de l'armée belge, visiblement satisfaits du rôle joué par la Belgique au sein de l'opération "Unified Protector" de l'OTAN depuis le début.

UE: "La fin d'une ère despotique"

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont salué jeudi "la fin d'une ère de despotisme et de répression" en Libye après l'annonce de la mort du dirigeant déchu du pays Mouammar Kadhafi.

"Le décès annoncé de Mouammar Kadhafi marque la fin d'une ère de despotisme et de répression au cours de laquelle le peuple libyen a souffert pendant trop longtemps. Aujourd'hui, la Libye peut tourner une page de son histoire et embrasser un nouvel avenir démocratique", ont affirmé les deux dirigeants dans un communiqué commun.

"Un avertissement" pour d'autres dictateurs, selon Varsovie

Le ministère polonais des Affaires étrangères a souligné que le sort du colonel Mouammar Kadhafi, dont la mort a été annoncée jeudi, constituait "un avertissement" pour d'autres dictateurs.

"Son destin devrait constituer un avertissement pour d'autres dictateurs, dans la région et dans le monde", a déclaré le porte-parole du ministère polonais Marcin Bosacki dans un communiqué.

"Nous regrettons que le colonel Kadhafi n'ait pas été jugé pour ses crimes par un tribunal en Libye ou à la Haye. Nous espérons que ses collaborateurs, recherchés pour leurs crimes, comparaîtront bientôt devant ces tribunaux", a ajouté le porte-parole.

La Pologne, qui assure la présidence semestrielle de l'Union européenne, "félicite le peuple libyen pour la fin de la dictature longue de plusieurs dizaines d'années", selon le communiqué.

"Un jour où il faut se souvenir des victimes de Kadhafi"

Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré jeudi que "c'est un jour où il faut se souvenir des victimes de Kadhafi", en se disant "fier du rôle joué" par son pays dans la chute du "brutal dictateur".
 
S'exprimant sur le perron du 10 Downing Street après la confirmation par le Conseil national de transition (CNT) libyen de la mort de Mouammar Kadhafi, le Premier ministre a notamment évoqué les victimes de l'attentat de Lockerbie qui avait fait 270 morts en 1988 et les victimes libyennes du régime.

La France salue la fin de "42 ans de tyrannie"

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a salué jeudi la "fin de 42 ans de tyrannie" en Libye, à l'annonce par les autorités de la mort du leader déchu Mouammar Kadhafi et a déclaré que la France était "fière" d'avoir aidé le peuple libyen.

"L'annonce de mort de Kadhafi et la chute de Syrte sont la fin d'une période très difficile pour le peuple libyen. C'est la fin de 42 ans de tyrannie, d'un conflit militaire qui a été très éprouvant pour le peuple libyen", a déclaré Alain Juppé aux journalistes à New Delhi.

Nicolas Sarkozy a salué jeudi avec la "disparition" du colonel Mouammar Kadhafi une "étape majeure" pour la libération de la Libye, estimant qu'une "page nouvelle" s'ouvrait pour le peuple libyen, "celle de la réconciliation dans l'unité et la liberté".

"Une transition historique" selon Ban Ki-moon

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est réjoui jeudi de l'annonce de la mort du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi, y voyant "une transition historique pour la Libye".

"A l'évidence, ce jour marque une transition historique pour la Libye", a-t-il dit, ajoutant cependant: "Le chemin à parcourir pour la Libye et son peuple va être difficile et rempli de défis".

"La fin de la première phase de la révolution libyenne"

Aux Etats-Unis, qui après leur intervention directe dans le cadre de l'Alliance atlantique ont continué à apporter un important soutien logistique, l'administration Obama n'a pas immédiatement réagi, le département d'Etat se bornant à indiquer initialement ne pouvoir confirmer la mort de Mouammar Kadhafi.

Le sénateur républicain John McCain, rival malheureux de Barack Obama à la présidentielle de 2008, a estimé pour sa part que la mort de Kadhafi constituait la fin de "la première phase de la révolution libyenne" et que le pays devait maintenant commencer sa reconstruction. "Les Libyens ont libéré leur pays," a-t-il insisté.

Berlin espère une nouvelle ère de paix et de démocratie

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a souhaité jeudi aux Libyens un avenir dans la paix et la démocratie après des décennies de dictature sous Mouammar Kadhafi.

"Nous espérons que le peuple en Libye pourra vivre dans une nouvelle ère de paix et de démocratie après des décennies de dictature", a déclaré Guido Westerwelle dans une allocution au ministère retransmise à la télévision, quelques heures après l'annonce de la mort du leader déchu Mouammar Kadhafi.

Syrie: "La fin inévitable de tous les tyrans"

La mort de Mouammar Kadhafi est un signe de "la fin inévitable de tous les tyrans", a affirmé jeudi l'ex-Premier ministre libanais Saad Hariri, leader de l'opposition anti-syrienne.

Il a souhaité au peuple syrien de "vaincre la machine de l'oppression", en allusion au régime du président Bachar al-Assad qui mate dans le sang le mouvement de contestation dans son pays depuis mars.

"C'est une leçon claire aux régimes qui ont choisi l'oppression comme moyen de contrôler les peuples", a-t-il ajouté.

"Les crimes des dictateurs ne resteront pas sans châtiment"

Le Premier ministre tchèque Petr Necas a déclaré dans un communiqué publié jeudi à Prague que la mort du colonel Mouammar Kadhafi était une preuve que les crimes perpétrés par les dictateurs ne resteront pas sans châtiment.
  
"Ce jeudi est un jalon symbolique sur une voie difficile du peuple libyen vers sa liberté", a indiqué Petr Necas.

Le Vatican "prie pour la pacification et la démocratie" en Libye

Le Saint-Siège "prie pour la pacification et la démocratie" en Libye, a affirmé jeudi le secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone, numéro deux du Saint-Siège, quelques heures après l'annonce de la mort à Syrte du colonel Mouammar Kadhafi.

"Nous devons travailler pour le peuple libyen et pour que tous coopèrent pour la reconstruction", a ajouté le cardinal italien, qui s'exprimait à l'occasion d'une cérémonie dans un hôpital de Rome.

L'Afrique du Sud espère que la mort du colonel Kadhafi ramènera la paixµ

Le gouvernement sud-africain a dit avoir pris note jeudi de la mort du leader Mouammar Kadhafi et espère qu'elle conduira à une cessation des hostilités et un retour de la paix en Libye.

"Nous exhortons le CNT (Conseil national de transition, au pouvoir en Libye, ndlr) à commencer sérieusement le processus de construction de l'unité nationale et de réconciliation ainsi que le désarmement de tous les combattants et leur réinsertion dans la société" libyenne, ajoute-t-il dans un communiqué.

L'Irak salue la nouvelle

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a salué jeudi l'annonce de la mort du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi, soulignant que sa chute, comme celle de l'ancien président irakien Saddam Hussein démontrait la "capacité du peuple à vaincre les dictateurs".

La Suisse appelle à la retenue et au respect des droits de l'homme en Libye

Le gouvernement suisse a appelé jeudi au respect des droits de l'homme et à la retenue en Libye dans un communiqué officiel, après l'annonce de la mort du colonel Mouammar Kadhafi. 

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) "appelle au respect des droits humains et du droit humanitaire international en Libye", "exhorte les différents acteurs à la retenue" et "à ne pas exercer d'actes de représailles".

La Confédération helvétique incite par ailleurs le nouveau gouvernement libyen "à entamer un dialogue inclusif en vue d'instaurer la stabilité dans la région". 

"La fin d'un chapitre long et douloureux", pour Barack Obama

Le président des Etats-Unis Barack Obama a affirmé jeudi que la mort du dirigeant déchu Mouammar Kadhafi marquait "la fin d'un chapitre long et douloureux" pour les Libyens, et appelé les nouvelles autorités de Tripoli à bâtir un pays "démocratique" et "tolérant".

"Aujourd'hui, le gouvernement de Libye a annoncé la mort de Mouammar Kadhafi. Cela marque la fin d'un chapitre long et douloureux pour les habitants de Libye qui ont désormais une chance de pouvoir déterminer leur propre destin dans une Libye nouvelle et démocratique", a déclaré Barack Obama lors d'une courte allocution dans la roseraie de la Maison Blanche.

"Une nouvelle page s'ouvre pour la Libye", estime l'Egypte

Le gouvernement égyptien a exprimé l'espoir que la mort du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi tué jeudi dans le dernier assaut contre sa région d'origine Syrte ouvre "une nouvelle page" dans l'histoire de la Libye.
   
L'Egypte "espère que le peuple libyen ouvrira une nouvelle page et reconstruira son pays après la mort du colonel Mouammar Kadhafi", a indiqué un communiqué du gouvernement, ajoutant qu'il était "prêt à aider à la reconstruction de ce pays".


Avec agences

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