En 2008, la Chine investissait en Grèce en achetant la moitié du Port du Pirée. Elle s’est ainsi non seulement payé une belle porte d’entrée dans l’Europe économique mais elle en a profité pour exporter quelques pratiques de travail locales. Le service grec d’inspection du travail a déjà relevé plusieurs infractions au code, et d’après les dockers et les employés du port, les dirigeants leur imposeraient des conditions de travail chaotiques. Les primes des nuits et weekends auraient ainsi disparu des fiches de paye, les salaires rabotés de moitié, les accidents de travail multipliés, et les pauses toilettes et déjeuner supprimées.
L’Europe appelle au secours
Aujourd’hui pourtant, c’est toute l’Europe qui tend la main Pékin pour alimenter son fonds de secours. Réponse de la Chine : elle aidera et elle payera. La ministre chinoise des affaires étrangères, Jiang Yu a ainsi déclaré : "la Chine est prête à collaborer avec la communauté internationale pour aider à stabiliser les marchés internationaux".
Aider protège
Le Japon aidera également l’Europe pour la même raison que celle de la Chine : protéger sa propre économie. "Je vois la stabilisation de la crise en Europe comme étant dans notre propre intérêt", a également déclaré Jun Azumi, le ministre japonais des finances.
De nouveaux pays au chevet de l'Europe
Aux côtés de la Chine et du Japon, on trouve également la Russie sur la liste des pays donateurs, mais on devrait aussi probablement voir s'impliquer d'autres pays émergents comme le Brésil, l’Inde, et l’Afrique du Sud. Il s’agit là d’un véritable basculement.
Pour Pierre Defraigne, ancien directeur général de la Commission européenne, "ces pays, soucieux de garder leurs marchés d’exportations et de diversifier leurs actifs financiers, volent au secours de l’Euro dans leur intérêt mais aussi celui de l’Union", explique-t-il, mais il ajoute qu’ "il est choquant qu’un grand ensemble comme l’Europe, source d’épargne pour le monde, doive ainsi tendre la main pour se faire aider alors que si elle avait bien géré son euro-zone, elle ne serait pas dans cet état de crise".
Quel sera le prix à payer ?
Très récemment, Daniel Cohn-Bendit posait cette question ironique : "vous voyez les Chinois vous donner de l’argent simplement parce que vous êtes sympas" ?
Demain, l’Europe ainsi aidée osera-t-elle encore condamner la Chine pour ses violations des droits de l’homme au Tibet ? Le proverbe dit : "ne mords pas la main qui te nourrit".
I.Louette avec Frédéric Gersdorff




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