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Législatives France: majorité absolue pour le PS, le FN entre à l'Assemblée

MONDE | Mis à jour le dimanche 17 juin 2012 à 21h53

  • Après le second tour des élections législatives françaises, le Parti socialiste (et ses alliés) a obtenu la majorité absolue à l'Assemblée avec au moins 300 sièges sur 577. Marion Maréchal-Le Pen (FN) est élue, tout comme Gilbert Collard. Ségolène Royal est battue à La Rochelle. Claude Guéant, Michèle Alliot-Marie et Nadine Morano, ex-ministres sarkozystes, sont tous battus. François Bayrou ne sera plus député des Pyrénées-Atlantiques.

    Le Parti socialiste n'aura donc pas besoin de l'appui des écologistes et du Front de gauche pour gouverner. Pour rappel, les socialistes (et leurs alliés de Divers Gauche) avaient besoin de 288 sièges au moins pour obtenir la majorité absolue et ainsi ne pas devoir compter sur l'appui des verts et de l'extrême gauche.

    Selon les estimations d'Ipsos, le PS allié à des formations satellites décroche au moins 300 sièges, les Verts 20 (et peuvent donc former un groupe politique), l'UMP et le reste de la droite parlementaire 231, le FN deux et le Modem deux. Le Front de gauche (13 sièges) ne parvient pas à atteindre le seuil de 15 députés, nécessaire pour pouvoir former un groupe politique.

    Le Front National de retour à l'Assemblée

    Le FN, parti d'extrême-droite, est de retour à l'Assemblée puisque Marion Maréchal-Le Pen est élue dans la troisième circonscription du Vaucluse. Cette dernière devient, à 22 ans, la plus jeune députée de France.

    En outre l'avocat Gilbert Collard est lui aussi élu. Il l'a été sous la bannière "Bleu marine", et a été soutenu par le Front national, sans en être lui-même membre. "C'est le plus beau jour de ma vie", a affirmé le nouvel élu d'extrême-droite. Interrogé quant au rôle qu'il comptait jouer au Palais Bourbon, il a répondu: "je compte être, pardonnez-moi l'expression, un casse-couille démocratique".

    Le Front national n'était plus parvenu à envoyé de député à l'Assemblée depuis les élections de 1988 (où le suffrage était pondéré par une dose de proportionnelle).

    Les grands battus

    La présidente du Front National, Marine Le Pen, qui avait réalisé près de 18% aux élections présidentielles, ne fait pas son entrée à l'Assemblée nationale. Elle a en effet été battue sur le fil au second tour à Hénin-Beaumont, par son concurrent socialiste, Philippe Kemel.

    Le Front national a annoncé le dépôt d'un recours et demande un recomptage des voix. Il n'y a qu'un peu plus de 100 voix d'écart entre les deux candidats.

    Ségolène Royal est battue à La Rochelle par le candidat local Olivier Falorni, un socialiste dissident qui avait refusé l'injonction du PS de se retirer pour laisser le champ libre à sa concurrente. "Ce soir, c'est un député de droite qui est élu", a commenté la candidate défaite, arguant que son adversaire avait été élu avec le soutien de l'UMP et "75% de voix de droite". "Le résultat de ce soir est le résultat d'une trahison politique", a martelé la présidente du Conseil de Poitou-Charentes.

    La candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007 avait d'ores et déjà annoncé, au journal espagnol El Païs, qu'elle renonçait à briguer la présidence de l'Assemblée nationale (poste pour lequel elle avait pourtant affirmé ses ambitions jusqu'ici).

    Claude Guéant, ancien ministre de l'Immigration de Nicolas Sarkozy, est défait à Boulogne-Billancourt. Lui aussi est victime d'une dissidence au sein de son propre camp puisque c'est Thierry Solère (exclu de l'UMP) qui ira à l'Assemblée.

    Autre grande figure du sarkozysme battue, Nadine Morano, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, est elle aussi battue à Toul. C'est le socialiste Dominique Potier qui remporte le siège.

    Enfin une troisième personnalité en vue du camp Sarkozy, Michèle Alliot-Marie, a été vaincue dans la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques. L'éphémère ministre des Affaires étrangères du gouvernement Fillon n'aura pas profiter de ce scrutin pour se relancer sur la scène nationale après sa démission du gouvernement en février 2011.

    François Bayrou, le président du parti centriste Modem, député depuis 1988 et trois fois candidat à l'élection présidentielle, a été battu dans la deuxième circonscription des Pyrénées-Atlantiques et perd donc son siège. Suite à ce résultat, le leader centriste a dit vouloir "changer la forme de son engagement et prendre le recul qui s’impose". "J’ai perdu une bataille mais l’heure de vérité vient", a encore affirmé un François Bayrou qui ne compte visiblement pas mettre un terme de sitôt à sa carrière politique. "Le jour où les français imposeront cette conscience et cette volonté nouvelle, je serai et nous serons au milieu d’eux", a-t-il conclu.

    L'outre mer nettement à gauche

    En Guadeloupe, trois candidats de gauche sur trois ont remporté ce deuxième tour. Il s'agit de deux candidats Divers gauche et un candidat socialiste. Le socialiste Victorin Lurel, ministre des Outre-mers, avait, lui été élu dès le premier tour. L'UMP perd le siège de Gabrielle Louis-Carabin, ancienne mandataire de l'Union pour un mouvement populaire qui se présentait cette année l'étiquette Divers Gauche sous laquelle elle a été réélue.

    En Martinique, ce sont deux candidats Divers gauche et deux indépendants (régionalistes) qui ont été élus tandis qu'en Guyane, ce sont deux socialistes, Gabriel Serville et Chantal Berthelot, qui deviennent députés.

    Plus de résultats très prochainement.

    Taux d'abstention record

    L'institut CSA a annoncé sur Twitter qu'elle estimait que l'abstention à 20h se situerait autour de 44% soit 4% de plus que lors du scrutin de 2007. Un chiffre qui s'est confirmé au cours de la soirée.

    Seuls 36 des 577 sièges avaient été attribués dès le premier tour. 43,15 millions de Français devaient départager dans 541 circonscriptions les candidats qualifiés pour le second tour.

    Julien Vlassenbroek

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