96 corps, selon un dernier bilan, ont été retrouvés dans le district de Krymsk, une zone de l'arrière-pays, à 20 kilomètres de la mer, touchée par une crue de plusieurs mètres de haut durant la nuit.
9 corps ont en outre été retrouvés dans la station balnéaire de Gelendjik et deux dans le port voisin de Novorossiisk.
Selon les autorités locales, plus de 12 000 habitants et 4000 habitations ont été touchés par le désastre.
En de nombreux endroits, les maisons étaient dévastées, le niveau de l'eau atteignant le plus souvent l'étage, des voitures retournées, des animaux morts sur le bord des routes.
Une retenue artificielle aurait céder
Les habitants faisaient la queue pour obtenir de la nourriture, alors que les secours semblaient être arrivés en nombre important.
Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu dans la zone sinistrée, où le nombre de victimes n'a cessé d'augmenter et où le mécontentement grandissait, selon les témoignages, de même que sur les sites internet où se multipliaient les accusations de négligence des autorités.
"Le président a survolé en hélicoptère les zones les plus touchées par les pluies et les inondations", a indiqué le Kremlin, ajoutant que M. Poutine se trouvait samedi soir à Krymsk pour une réunion de crise.
Selon les témoignages, la région était déjà sous de fortes pluies vendredi, où cinq personnes ont péri à Gelendjik, lorsqu'une violente crue s'est déclenchée vers 3 heures du matin dans le district de Krymsk, surprenant de nombreux habitants dans leur sommeil.
Plusieurs habitants ont exprimé le soupçon qu'une retenue artificielle située en amont de la ville de Krymsk avait pu céder ou déborder, voire qu'un lâcher d'eau du barrage avait été effectué.
A Moscou, le parti d'opposition Iabloko a affirmé disposer d'informations confirmant ces soupçons.
"Rien de pareil depuis 70 ans"
"La montée rapide des eaux a été provoquée par un lâcher d'eau en catastrophe de la retenue de Neberdjaevski, située plus haut dans les montagnes. La population n'avait pas été informée", soutient Iabloko qui exigeant que les coupables soient punis pour "homicide par imprudence".
Le porte-parole d'Alexandre Tkatchev, le gouverneur de la région de Krasnodar, a qualifié ces accusations de "délire", soulignant que la quantité de précipitations tombées depuis la veille, équivalant à celles de cinq mois, avait suffi à provoquer le drame.
L'agence fédérale des ressources hydrauliques a elle aussi dénoncé des "inventions", affirmant que toutes les retenues artificielles de la région fonctionnaient "de manière normale", selon Interfax.
Le comité d'enquête russe a néanmoins annoncé avoir ouvert une investigation et dépêché des enquêteurs sur place.
Dans la zone côtière sinistrée, le courant a été coupé, les routes étaient bloquées et le trafic ferroviaire interrompu.
L'activité du port de Novorossiisk, le plus important port russe en mer Noire, a également été suspendue.
Le niveau de l'eau a atteint 4 à 7 mètres au-dessus de la moyenne dans le district de Krymsk, selon les autorités locales.
"On n'a rien vu de pareil depuis 70 ans", a déclaré le gouverneur, Alexandre Tkatchev.
Belga




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