La France et l'Allemagne veulent "approfondir l'union économique et monétaire, demain politique", a déclaré mercredi le président français, François Hollande, lors d'une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel. "La situation est sérieuse, nous avons l'obligation de construire l'Europe forte et stable de demain", a renchéri Angela Merkel.
Mais ce sont des solutions à court terme qu'attendent le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, son homologue italien Mario Monti, et les marchés.
La pression est donc forte sur les Européens, comme en témoignent les multiples mini-sommets à quatre ou à deux. C’est qu’il y aura de nombreux dossiers sur la table et non des moindres, à commencer par la relance de la croissance en Europe. A Rome, l’Italie, la France, l’Allemagne et l’Espagne ont jugé nécessaire de consacrer un pourcent du PIB, des richesses produites dans l’Union, à la relance de la croissance. On parle de 130 milliards. La proposition sera débattue jeudi.
La note Van Rompuy déjà critiquée
Mais surtout, les 27 se pencheront sur la note du président du Conseil européen. Une note où Herman Van Rompuy propose une union économique et monétaire autour de quatre piliers : union bancaire avec un superviseur européen des banques et une garantie commune des dépôts, union budgétaire avec une surveillance accrue des budgets nationaux, voire union économique et politique. La note servira de base de discussion, elle a déjà été critiquée par Berlin qui ne veut toujours pas entendre parler des euro-obligations tout en appelant à plus d’Europe,; et par Paris qui ne veut pas voir sa souveraineté amputée au profit de l’Union. Mais ces discussions sur le long terme ne seront pas suffisantes. Un sommet zone euro a donc été organisé dans la foulée demain pour parler de l’urgence, autrement dit de la crise de la dette, de l’Espagne, de Chypre, et du risque de contagion à toute la zone euro.
Car l'urgence est bien là: Mariano Rajoy a lancé un cri d'alarme mercredi en prévenant que l'Espagne ne pouvait pas continuer "longtemps à se financer" aux taux actuels que lui imposent les marchés, à plus de 6,8%. L'italien Mario Monti s'est dit "prêt à travailler jusqu'à dimanche soir si nécessaire" de façon à préparer avant l'ouverture des marchés financiers un ensemble de solutions convaincantes. Les taux italiens sont eux aussi sous pression, les investisseurs doutant que le sommet apporte des solutions à la crise.
T.N. avec Africa Gordillo




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