Le Sénégal refuse d'extrader Hissène Habré en Belgique

Hissène Habré en 1987
Hissène Habré en 1987 - Archives EPA
Rédaction RTBF

Hissène Habré est poursuivi pour crimes contre l'humanité. L'ancien chef d'État tchadien est réfugié à Dakar depuis sa chute en 1990. La justice sénégalaise a motivé, mercredi, sa décision pour "vice de forme".

La Cour d'appel de Dakar a rejeté la demande d'extradition d'Hissène Habré vers la Belgique en raison de deux vices de formes. D'après la justice sénégalaise, la Belgique n'aurait pas livré de documents authentiques à l'appui de sa demande, mais des copies. D'autre part, il manque le procès-verbal de l'arrestation.

Le chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade avait pourtant déclaré, lors d'un récent à entretien RFI, que l'ancien dirigeant tchadien Hissène Habré serait "très probablement extradé vers la Belgique".

Le ministère belge des Affaires étrangères avait proposé, le 10 juillet, que l'ancien chef d'Etat tchadien soit extradé en Belgique. Le gouvernement tchadien avait demandé, pour sa part, que l'option belge soit "privilégiée".

Hissène Habré est considéré comme un seigneur de guerre

Hissène Habré est accusé de plusieurs milliers d'assassinats politiques et de torture systématique, pendant les huit années de sa présidence à la tête du Tchad, entre 1982 et 1990, des violations qualifiées de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. Il vit en exil à Dakar depuis sa chute en 1990

La Belgique a lancé, en septembre 2005, un mandat d'arrêt international contre Hissène Habré, pour "violations graves du droit humanitaire international", ainsi qu'une demande d'extradition. La procédure se base sur une plainte déposée en 2000 par un Belge d'origine tchadienne, une plainte en vertu d'une loi belge dite de "compétence universelle".

Nicolas Willems


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