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La Serbie toujours bloquée dans l'antichambre de l'Union européenne

MONDE | mardi 28 février 2012 à 18h45

  • La Serbie devra encore patienter quelques jours dans l'antichambre de l'Union européenne avant de se voir accorder le statut convoité de candidat à l'adhésion, car la Roumanie a bloqué mardi un accord qui semblait à portée de main.

    La décision d'octroyer le statut de candidat à la Serbie reviendra aux chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept qui se réunissent en Sommet jeudi et vendredi à Bruxelles et l'unanimité est requise.

    Belgrade semblait en bonne voie pour obtenir le fameux sésame dès mardi. Quasiment tous les pays européens, y compris l'Allemagne longtemps réticente, étaient favorables à l'octroi du statut. "Il y a eu un accord aujourd'hui", avait même affirmé lundi le chef de la diplomatie française Alain Juppé. Le président serbe pro-européen Boris Tadic était à Bruxelles depuis lundi et tous ses interlocuteurs, de Catherine Ashton à José Manuel Barroso, respectivement chef de la diplomatie européenne et président de la Commission, ont laissé miroiter à leur hôte l'espérance d'une "bonne nouvelle".

    C'était sans compter sur les objections de la Roumanie. Au cours d'une réunion des ministres chargés des Affaires européennes, le représentant roumain n'a eu de cesse de faire monter la pression sur Belgrade. Bucarest a notamment réclamé des garanties concernant le respect de la minorité roumaine de Serbie qui compterait environ 30.000 personnes, a indiqué un diplomate. Il a qualifié de "surprise" la résistance roumaine.

    Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle ne cachait pas son exaspération après le semi échec de la réunion de mardi. "Du point de vue allemand, il aurait été approprié et juste de prendre une décision définitive (sur le statut) aujourd'hui", a-t-il dit.

    Finalement, les vingt-sept ministres se sont contentés de "recommander" aux dirigeants européens d'octroyer le statut de candidat à la Serbie. Les Européens n'ont pas été capables de prendre une décision définitive dès maintenant à cause de la Roumanie, a déploré M. Westerwelle qui a accusé la délégation roumaine d'avoir bloqué le processus pour de pures raisons de "politique intérieure" roumaine.

    Reste que tout n'est pas perdu pour Belgrade. Certes "des discussions" devront encore avoir lieu "dans les jours à venir" pour aplanir toutes les divergences qui demeurent, a concédé le ministre danois des Affaires européennes Nicolai Wammen.

    Mais, a-t-il ajouté, "la Serbie est sur le chemin qui l'amènera dans le giron européen".

    Belgrade court depuis longtemps après l'octroi du statut de candidat à l'adhésion qui lui entrouvrirait les portes de l'UE et pensait avoir réalisé le plus dur en arrachant la semaine dernière des accords permettant de réchauffer ses relations avec le Kosovo, son ancienne province ayant fait sécession en 2008.

    Une fois le statut en poche, il faudra ultérieurement que les négociations d'adhésion soient ouvertes --ce qui ne sera pas forcément une formalité-- puis qu'elles aboutissent.

    Une grande majorité d'Etats de l'UE sont favorables à l'obtention du statut par Belgrade, a rappelé mardi M. Barroso.

    "Si la décision n'est pas prise aujourd'hui, elle le sera à l'occasion du sommet des dirigeants européens" jeudi et vendredi, a-t-il assuré.

    "Le but stratégique de mon pays est de devenir membre de l'UE", a plaidé de son côté M. Tadic en rappelant que la région "a beaucoup souffert dans les années 1990".


    AFP
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  • Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy (D) et le président serbe Boris Tadic avant une réunion à Bruxelles le 28 février 2012
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    Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy (D) et le président serbe Boris Tadic avant une réunion à Bruxelles le 28 février 2012

    Georges Gobet
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      Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy (D) et le président serbe Boris Tadic avant une réunion à Bruxelles le 28 février 2012

    • Le président serbe Boris Tadic à Bruxelles le 28 février 2012

      Le président serbe Boris Tadic à Bruxelles le 28 février 2012

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