"Nous demandons deux ans pour l'ajustement", a déclaré le Premier ministre dans son discours de politique générale devant le Parlement, durant lequel il a présenté une série de mesures destinées à rattraper le temps perdu pour garantir le maintien du pays dans la zone euro : accélérations des privatisations, fusion et fermetures d'organismes publics. Il a aussi annoncé la fermeture ou la fusion de "dizaines" d'organismes publics "d'ici la fin de l'année" afin de réorganiser le secteur public. Il y aura de même une mesure d'amnistie fiscale pour le retour des dépôts bancaires qui ont fondu de 30% depuis le début de la crise grecque.
Plus de nouvelle aide sans réformes
La prochaine tranche d'aide à la Grèce ne sera pas versée tant que ce pays n'aura pas recommencé à mettre en oeuvre le programme de réformes exigé par ses créanciers, a mis en garde vendredi un responsable européen sous couvert d'anonymat.
"Il n'y aura pas de versement tant que l'Eurogroupe n'aura pas constaté que le programme est de nouveau sur les rails", a déclaré cette source.
Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent lundi à Bruxelles, mais aucune décision sur l'aide à la Grèce, n'est à attendre dans l'immédiat. "Ce sera plutôt fin août que fin juillet", selon cette source.
Il en est d'ailleurs de même pour Chypre, qui a également officiellement demandé une aide pour ses banques en difficulté.
La réunion de lundi donnera lieu à "un premier échange de vues sur les intentions du gouvernement grec" avec le nouveau ministre des Finances, Yannis Stournaras.
Cet échange, tout comme les "points de vue des ministres" de la zone euro, "de la Commission, de la Banque centrale européenne, fournira des lignes directrices à la troïka pour ses discussions à Athènes", a expliqué la source européenne.
Les chefs de mission de la "troïka" des créanciers publics de la Grèce (UE, BCE et Fonds monétaire international) était à Athènes cette semaine afin d'examiner les comptes grecs et d'évaluer l'état des réformes.
Mais après trois mois de parenthèse politique, "le programme est sorti des rails et nous ne pouvons rien demander à nos partenaires tant qu'il ne sera pas relancé", a reconnu Yannis Stournaras dans un entretien publié vendredi par le Financial Times.
"Sortir des rails n'est pas un drame en soi", a commenté la source européenne, mais il faut "rattraper le retard", notamment en matière de rentrées fiscales. "On peut discuter les moyens", mais le fait d'y parvenir n'est "pas négociable", a ajouté cette source en notant que Yannis Stournaras avait donné des assurances sur la détermination de la Grèce à "se remettre dans les rails".
AFP




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