L'organisation indépendantiste basque ETA devrait révéler ses caches d'armes en France le 8 avril

L'ETA - organisation indépendantiste basque - devrait transmettre la liste de toutes ses caches d'armes à la justice française le 8 avril, a déclaré à l'AFP samedi une source en Espagne, proche des pourparlers en vue du désarmement.

Cette source au Pays basque (nord de l'Espagne) a confirmé la teneur d'un article du quotidien El Pais selon lequel le probable désarmement de l'organisation séparatiste annoncé la veille par le gouvernement régional basque, se produira par le biais d'une remise d'information.

Selon cette source il devrait bien s'agir d'une remise "unilatérale" et sans "conditions".

"Le 8 avril, les autorités judiciaires françaises recevront une communication avec (la liste de) tous les arsenaux de l'ETA", a déclaré cette source, sans préciser de quelle manière l'information parviendra à la justice.

L'ETA avait annoncé en octobre 2011 renoncer définitivement à la lutte armée.

800 morts attribués à cette violence  

Après plus de 40 ans de violence au nom de sa lutte pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre, elle avait commis son dernier attentat en 2010, faisant un mort, un policier, sur le sol français, portant le bilan des victimes attribuées à cette violence à plus de 800 morts.

Mais elle refusait depuis le désarmement unilatéral et la dissolution exigés par Madrid et Paris, demandant une négociation sur ses membres détenus.

L'ETA ne voulait pas jusqu'à maintenant "déposer les armes", a souligné la source au Pays basque en évoquant un "changement radical".

Or "déposer les armes", par opposition à une mise sous scellé ou à une destruction, c'est "la capitulation", "la fin de la guerre", a déclaré pour sa part le journaliste basque Gorka Landaburu et directeur du magazine Cambio16, lui-même victime d'un attentat en 2001.

L'organisation considérée comme un groupe terroriste 

Le quotidien El Pais écrivait samedi que le désarmement de l'ETA serait finalement aussi simple que "la remise d'un papier d'intermédiaires civils à la justice française".

L'essentiel de l'arsenal de l'organisation considérée comme un groupe terroriste par l'Union européenne se trouverait en territoire français, même s'il pourrait rester encore une cache "non contrôlée" en Espagne.

L'annonce du désarmement à venir a été faite vendredi par un militant écologiste en France, puis par le gouvernement basque.

L'ETA n'a pas encore diffusé de communiqué.

Le président régional basque Inigo Urkullu, du Parti nationaliste basque (conservateur) a assuré que son gouvernement "a été directement tenu au courant de cette possibilité", et a souhaité un désarmement "définitif, unilatéral, irréversible, complet et légal".

Selon El Pais, Urkullu en a informé le chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy dès mardi.

Le gouvernement espagnol appliquera la loi 

Mariano Rajoy a pour sa part répété samedi son exigence d'une dissolution immédiate de l'ETA lors d'un meeting au Pays basque, à Vitoria.

"Le gouvernement espagnol appliquera la loi, comme il l'a fait jusqu'à maintenant", a-t-il aussi dit. "Et je suis absolument convaincu que le gouvernement français fera de même, comme il l'a toujours fait, voilà la position du gouvernement".

"J'espère que le gouvernement français ne va pas mettre d'obstacles", a déclaré samedi à Biarritz (sud-ouest de la France) le porte-parole du parti indépendantiste basque Sortu Arnaldo Otegi, avant de participer à un Forum sur le désarmement et la paix.

La présidente de l'association de victimes COVITE Consuelo Ordóñez a pour sa part souligné que les armes de l'ETA constituaient des preuves "fondamentales pour résoudre encore quelque 300 crimes".

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