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L'ONU va parler de la Syrie, une ONG dénonce les tortures d'enfants

MONDE | Mis à jour le mardi 25 septembre 2012 à 12h48

  • De violents combats entre soldats syriens et rebelles secouaient mardi plusieurs régions de la Syrie et la situation désespérée du pays, en proie à un interminable conflit depuis un an et demi, sera débattue à l'Assemblée générale de l'ONU qui débute à New York.

    L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, de retour de Syrie, a qualifié lundi devant le Conseil de sécurité de l'ONU la situation d'"extrêmement grave" estimant qu'elle se détériorait de jour en jour.

    "Il n'y a pas de progrès en vue aujourd'hui ou demain" pour un règlement du conflit, a-t-il lancé, faisant état d'une crise alimentaire croissante, et de prisonniers subissant des "formes médiévales de torture", dans un discours pessimiste reflétant la situation sur le terrain.

    Pour la 67ème session de l'Assemblée, qui s'ouvre mardi après-midi, des dizaines de chefs d'Etat, dont le président américain Barack Obama, sont attendus à l'ONU où ils aborderont les dossiers sensibles dont celui de la Syrie où plus de 27 000 personnes ont été tuées dans les violences depuis mars 2011.

    Des enfants traumatisés et torturés

    Une organisation internationale de défense des enfants a averti que de nombreux enfants syriens, témoins de meurtres, tortures et autres atrocités, étaient "traumatisés" par le conflit.

    "Des actes de violences épouvantables sont commis contre les enfants en Syrie. Ces enfants ont besoin de soins spécialisés pour essayer de se remettre de ces expériences horribles", a estimé Jasmine Whitbread, dirigeante de Save the Children International.

    Certains enfants affirment avoir été torturés à l'aide d'équipements électriques pendant leur détention. Il auraient été emprisonnés dans des cellules avec des corps en décomposition.

    Wael, un adolescent syrien, rapporte avoir vu un enfant de six ans mourir de faim après avoir été également torturé. "Je l'ai vu mourir. Il n'a survécu que trois jours", a expliqué l'adolescent à l'organisation de charité.

    Depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad, qui s'est militarisé face à la répression, 2000 enfants ont été victimes des violences, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Lundi, au moins 12 enfants ont péri dans les violences qui ont secoué la Syrie. Au total, 116 personnes ont été tuées -69 civils, 29 soldats et 18 rebelles.

    Mardi, une fillette a été tuée à l'aube par des tirs des forces syriennes sur la route nationale entre Damas et Alep, deuxième ville du pays, selon l'OSDH.

    Sur le terrain, les combats

    A Damas, au début de la route menant à l'aéroport, de puissantes explosions ont secoué dans la matinée une administration militaire, faisant des blessés, a rapporté l'OSDH.

    A Alep, naguère le poumon économique du pays et dont le contrôle est l'enjeu d'une bataille cruciale entre forces du régime et rebelles depuis deux mois, les bombardements étaient incessants sur les quartiers rebelles.

    Dans la région de Homs, dans le centre, le bastion rebelle de Qousseir a été bombardé par l'armée, et des combats violents se déroulaient dans plusieurs secteurs. Deux hommes ont péri dans les bombardements dans la région de Deir Ezzor (est).

    Il ne faut rien attendre de l'ONU

    Un dirigeant rebelle en Syrie, le colonel Kassem Saadeddine, est sorti indemne d'une tentative d'assassinat par les forces pro-régime, à Salmiyé, dans la province de Hama, dans le centre de la Syrie, a affirmé mardi un responsable de la communication au sein de l'Armée syrienne libre (ASL).

    Cette dernière, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes, a annoncé samedi le transfert de son commandement central de la Turquie, où il est installé depuis plus d'un an, vers la Syrie.

    Par ailleurs, le plateau du Golan, occupé par Israël, a été touché par des obus de mortier apparemment tirés durant des combats opposant rebelles et forces régulières syriennes, a indiqué l'armée israélienne.

    Pour sa part, le président égyptien Mohamed Morsi s'est dit "opposé à toute intervention étrangère par la force dans ce qui ce passe en Syrie", même s'il a affirmé que "le président Assad n'avait d'autre choix que de partir".

    Aucune décision majeure n'est attendue à l'ONU, le dossier de la Syrie étant bloqué au Conseil de sécurité, en raison de l'opposition de Pékin et Moscou, fidèles alliés du régime, à des sanctions contre Damas.


    Belga

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