Seuls 69 votants ont répondu par "oui", selon la Commission électorale. Le scrutin, qui s'est déroulé mardi et mercredi sans incident, n'aura toutefois aucune conséquence juridique.
Quelque 35 000 électeurs du nord, région qui représente 11% du territoire du Kosovo et où les Serbes représentent la majorité écrasante, étaient inscrits sur les listes. La participation a été de 75%.
"Après ce référendum il sera totalement clair pour les kosovars albanais, la communauté internationale et les politiciens de Belgrade que l'ensemble des Serbes du nord ne veulent pas obéir aux institutions de Pristina", prédisait dans la journée Krstimir Pantic, maire de la partie serbe de Kosovska Mitrovica.
Ce scrutin a eu lieu à la veille du 4ème anniversaire de l'indépendance proclamée par la majorité albanaise, le 17 février 2008, que les Serbes du Kosovo et Belgrade refusent de reconnaître.
Le président de Serbie Boris Tadic a affirmé qu'il "nuisait aux intérêts de l'Etat" serbe. A Pristina, le parlement kosovar a adopté une déclaration qualifiant ce référendum de "violation de l'ordre constitutionnel de la République du Kosovo".
L'UE qui doit se prononcer prochainement sur la demande de Belgrade d'obtenir le statut de candidat à l'adhésion, a aussi critiqué la tenue du scrutin. Le bloc européen exige des progrès dans les pourparlers entre Belgrade et Pristina qu'ils parraine, avant une telle décision. Certains accords ont déjà été arrachés ce qui déplaît aux Serbes du nord.
Le responsable gouvernemental serbe Oliver Ivanovic a accusé l'opposition en Serbie, au pouvoir dans trois des quatre municipalités, d'avoir fomenté ce référendum pour ainsi capitaliser lors des législatives en Serbie prévues ce printemps. L'analyste kosovar Adrian Çollaku constate que le scrutin "confirme l'incapacité de Pristina à asseoir son autorité sur la totalité de son territoire".
"Le scrutin est un pas de plus vers la sécession" de cette partie du Kosovo, a déclaré à l'AFP un autre analyste, Nexhmedin Spahiu, et représente "la conséquence de la tentative de Pristina d'imposer sa présence aux passages frontaliers avec la Serbie qui échappent à son contrôle".
Suite à cette tentative menée en juillet dernier par des unités spéciales de la police kosovare, des violences avaient éclaté, les Serbes ayant répondu en érigeant des barricades pour s'y opposer.
AFP




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