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J.-M. Barroso au Parlement européen: vers une fédération d'Etats-nations

MONDE | Mis à jour le mercredi 12 septembre 2012 à 12h11

  • Evoluer vers une fédération démocratique d'Etats nations et vers une union monétaire au sein de la zone euro, c'est la feuille de route qu'a tracée le président de la Commission José-Manuel Barroso lors de son "discours sur l'Etat de l'Union" devant le Parlement européen. Guy Verhofstatd lui a répondu: plutôt une fédération de citoyens qu'une fédération d'Etats.

    L'expression avait été forgée par le français Jacques Delors lorsqu'il présidait la Commission. L'actuel locataire du dernier étage du Berlaymont la reprend à son compte car pour lui, il faut franchir un cap: "Nous devons progresser vers une fédération d'Etats-nations. Tel est notre horizon politique", a-t-il lancé devant les parlementaires à l'occasion de cet exercice annuel. Un exercice qui prenait toutefois cette année une dimension particulière avec la crise profonde de la zone euro. "La création de cette fédération d'Etats-nations exigera au final un nouveau traité", a-t-il ajouté,

    Un tel objectif est nécessaire "parce que je pense qu'en ces temps d'anxiété, ce serait une erreur que de laisser les nations en proie au nationalisme et au populisme", a-t-il expliqué.

    Ce faisant, José-Manuel Barroso s'inscrit dans le canevas tissé par Berlin, qui considère qu'une plus grande solidarité entre Etats européens doit nécessairement passer par davantage de transferts de souveraineté vers l'échelon supra-national. Une orientation qui sonne agréablement aux oreilles des fédéralistes, mais qui hérisse certains Etats, comme la Grande-Bretagne

    Les solutions nationales ne marchent plus

    Le patron de la Commission a plaidé pour que l'Union européenne prenne, dans l'attente, "des mesures concrètes avec une union politique à l'horizon", afin de parvenir à un "partage de souveraineté d'une manière que chaque pays et chaque citoyen soit mieux à même de contrôler son destin". Selon lui, "nous ne pouvons continuer à résoudre les problèmes européens juste avec des solutions nationales".

    "Au XXIème siècle, même les pays européens les plus grands risquent d'apparaître des nains face à des pays comme la Chine", a-t-il encore dit.

    A propos de la crise de la dette, José-Manuel Barroso a affirmé que l'Europe ne devait "laisser aucun doute sur l'irréversibilité de l'euro", mais aussi que les "pays les plus forts ne doivent laisser aucun doute sur leur volonté de faire face ensemble" et de faire preuve de "solidarité". "Nous avons besoin d'une authentique union économique fondée sur une union politique", a-t-il martelé en réclamant "plus d'unité, plus d'intégration, plus de démocratie".

    "Européaniser" les enjeux

    Il a aussi plaidé pour une "européanisation" des enjeux des prochaines élections européennes en juin 2014. Les partis européens pourraient y contribuer en désignant à l'avance leur candidat pour la présidence de la Commission européenne, a-t-il proposé. "J'appelle les partis politique à s'engager à le faire et à européaniser plus avant les élections européennes", a-t-il lancé. Selon lui, "plus dangereux que le scepticisme des anti-européens est le silence des pro-européens" en ces temps de "crise de confiance" de l'Union européenne du fait de la crise de l'euro.

    José-Manuel Barroso a également évoqué devant les députés la mise en place d'un mécanisme unique de surveillance des banques de la zone euro, qui serait confiée à la Banque centrale européenne. Il s'agit pour lui d'un "tremplin vers une union bancaire". Le projet adopté par la Commission prévoit, outre cette surveillance générale, la création d'un fonds pour faire face aux faillites bancaires éventuelles et la protection des dépôts des citoyens dans toute la zone euro.

    Des actes concrets, mais surtout un vrai budget, demandent les parlementaires

    Le président du groupe libéral, l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, a estimé que l'Europe n'avait "pas besoin d'une fédération d'Etats-nations" mais d'une "union fédérale des citoyens européens".

    L'eurodéputé flamande Kathleen Van Brempt (sp.a) déplore de son côté l'absence de projets concrets en matière sociale dans le discours de José-Manuel Barroso, mais salue sa volonté d'approfondissement de l'Europe.

    Pour le chef de groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit, l'Union ne pourra être efficace, notamment en matière sociale, tant que son budget sera limité à 1% de son PIB. A ses yeux, le budget européen devrait être équivalent à 5% du PIB au moins, et alimenté par des ressources propres plutôt que par des contributions directes de chaque Etat membre comme c'est le cas aujourd'hui.

    T.N. avec agences

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    • de franhou Je trouve que ces déclarations mettent plutôt la peur et l'incertitude en avant (l'Europe désunie face aux pays émergents, peur de la concurrence, ...). Les pro-européens devraient s'exprimer, ben oui, mais relayer S.V.P Messieurs Baroso, Frère, Arnault, etc. Votre discrétion sur les vrais enjeux de la société ne peut que créer les situations crispantes telles que cette demande de nationalité belge... Pourquoi travaillons-nous tous ? Quand l'industrie et l'économie de marché va-t-elle inclure dans son capital les causes sociales, culturelles et environnementales ??? Seule solution pour sauver la planète. Enfin, l'Europe, reste dans le monde que nous connaissons le continent des sources de tant de choses : sciences, recherche, innovations, vue social, arts modernes, classiques, populaires, philosophie, patrimoine, histoire, Etat de droit (héritage millénaire !), Droits de l'Homme, libre arbitre, etc. C'est là nos atouts et non pas nos ... tabous !

      12-09-2012 17:34 | Répondre

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    • de franhou Je trouve que ces déclarations mettent plutôt la peur et l'incertitude en avant (l'Europe désunie face aux pays émergents, peur de la concurrence, ...). Les pro-européens devraient s'exprimer, ben oui, mais relayer S.V.P Messieurs Baroso, Frère, Arnault, etc. Votre discrétion sur les vrais enjeux de la société ne peut que créer les situations crispantes telles que cette demande de nationalité belge... Pourquoi travaillons-nous tous ? Quand l'industrie et l'économie de marché va-t-elle inclure dans son capital les causes sociales, culturelles et environnementales ??? Seule solution pour sauver la planète. Enfin, l'Europe, reste dans le monde que nous connaissons le continent des sources de tant de choses : sciences, recherche, innovations, vue social, arts modernes, classiques, populaires, philosophie, patrimoine, histoire, Etat de droit (héritage millénaire !), Droits de l'Homme, libre arbitre, etc. C'est là nos atouts et non pas nos ... tabous !

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