J. Kabila dénonce "les agressions sans fin" du Rwanda dans l'est de la RDC

Joseph Kabila a dénoncé les agressions du Rwanda
Joseph Kabila a dénoncé les agressions du Rwanda - STAN HONDA - IMAGEGLOBE
Belga News

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a dénoncé mercredi à la tribune de l'ONU "les agressions sans fin" de son voisin rwandais dans l'est du pays.

Joseph Kabila a mis en avant ce qu'il a qualifié de "double réalité, souvent méconnue ou occultée". "C'est pour avoir posé un acte de solidarité en accueillant sur son territoire des réfugiés originaires du Rwanda, que les populations congolaises de l'est de mon pays sont privées de la paix", a-t-il lancé devant l'assemblée générale de l'ONU.

"II y a lieu de se demander ce qui resterait du droit international humanitaire si accueillir des réfugiés en détresse, acte humanitaire par excellence, devait désormais être considéré suffisant pour justifier des agressions sans fin de la part du pays dont les dits

réfugiés sont originaires", a-t-il ajouté.

Joseph Kabila faisait référence aux réfugiés hutu qui ont quitté le Rwanda à la fin du génocide de 1994 et l'arrivée au pouvoir à Kigali du Front patriotique rwandais (FPR) de l'actuel président Paul Kagame. C'était à l'époque le maréchal zaïrois Mobutu Sese Seko qui avait accueilli un million de réfugiés dans l'est du pays, dont certains sont toujours présents dans les deux Kivu au sein des Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR).

Accord-cadre

Le président de la RDC a encore souligné "la détermination" de son pays à "s'acquitter de tous les engagements souscrits" dans le cadre de l'accord-cadre d'Addis Abeba.

Signé le 24 février, "l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité, et la coopération pour la RDC et la région" contient un engagement des pays voisins à ne soutenir aucun groupe armé dans l'est de la RDC, et pour le gouvernement de Kinshasa une promesse d'avancer vers des objectifs de réconciliation nationale, de démocratisation et de réformes des services de sécurité (armée et police).

Le Nord-Kivu, riche province minière de l'est de la RDC, voit s'affronter depuis seize mois l'armée congolaise et rebelles, notamment le mouvement du 23 mars (M23). Celui-ci avait pris brièvement le contrôle de Goma, le chef-lieu provincial, en novembre 2012.

L'ONU et Kinshasa accusent le Rwanda et l'Ouganda voisins de le soutenir, ce que ces deux pays démentent.

Le M23 est essentiellement composé d'ex-rebelles tutsi congolais qui ont pris les armes en avril 2012 pour réclamer la pleine application d'un accord de paix signé en mars 2009 avec Kinshasa, après que ses hommes avaient accepté d'abandonner une autre rébellion où ils opéraient.

Les FDLR sont composées de rebelles hutu rwandais réfugiés en RDC après le génocide perpétré en 1994 au Rwanda contre les Tutsi. Même s'ils sont aujourd'hui surtout une menace pour les civils congolais, leur objectif proclamé reste de renverser le régime du président Paul Kagame. Leur commandement a été décimé, mais ils seraient encore entre 1.500 et 2.000.

Belga


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