Aller directement au contenu principal

Israël: Netanyahu joue Romney contre Obama

MONDE | dimanche 16 septembre 2012 à 19h52

  • Benjamin Netanyahu est-il allé trop loin en s'immiscant dans la campagne américaine en faveur du républicain Mitt Romney? C'est ce que lui reproche l'opposition et des commentateurs qui mettent en garde contre des représailles de Barack Obama en cas de réélection.

    "Barack Obama va-t-il punir Israël, s'il est réélu le 6 novembre ?", s'interroge ce week-end le Yédiot Aharonot.

    Comme nombre de ses confrères, ce quotidien populaire reproche au Premier ministre israélien d'être devenu "l'adversaire d'Obama" et d'avoir brisé un tabou en optant pour Mitt Romney, rival du président démocrate sortant, plutôt que d'observer une stricte neutralité.

    Netanyahu "s'est ingéré grossièrement, vulgairement et sans réserve dans la campagne électorale" américaine, accuse le quotidien de gauche Haaretz.

    Bondissant sur l'occasion, le chef de l'opposition Shaul Mofaz a benoîtement demandé au Premier ministre: "Expliquez-nous: quel régime est-il le plus important de renverser, celui de Washington ou de Téhéran?"

    "C'est absurde", s'est défendu "Bibi" Netanyahu, soulignant qu'il continuerait d'exiger des Etats-Unis qu'ils fixent à Téhéran des "lignes rouges" à ne pas franchir dans son programme nucléaire.

    Barack Obama ne veut pas d'un tel ultimatum et privilégie la diplomatie ainsi que des sanctions internationales, tandis que Benjamin Netanyahu fait planer la menace d'une frappe contre les sites nucléaires iraniens, malgré les mises en garde de pays amis, comme les Etats-Unis, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou la France.

    "La question qui me guide, ce ne sont pas les élections aux Etats-Unis, mais les centrifugeuses en Iran", a insisté le Premier ministre.

    Il n'empêche qu'il est désavoué au sein même de son gouvernement, notamment par le ministre de la Défense Ehud Barak, pour qui le linge sale avec les Américains doit être lavé en famille, "dans des forums à huis clos" et non étalé sur la place publique.

    - "Bibi l'Américain" -

    Pour la plupart des analystes, au delà de sa rhétorique belliqueuse, M. Netanyahu veut arracher à M. Obama un maximum de concessions avant le scrutin américain, en espérant jouer du poids de l'électorat juif.

    Tout glissement de cet électorat, traditionnellement démocrate, pourrait s'avérer déterminant en cas de course au finish comme ce fut le cas lorsque George W. Bush l'emporta d'un cheveu en 2000 face au démocrate Al Gore.

    Mitt Romney --qui a été chaleureusement reçu à Jérusalem par M. Netanyahu fin juillet, en pleine campagne électorale -- a carrément accusé son rival d'avoir "laissé tomber" Israël face à l'Iran.

    "Bibi l'Américain" se pique d'être un fin connaisseur des Etats-Unis où il a longtemps vécu. Il s'est entouré de conseillers partageant sa "sensibilité" pro-républicaine.

    Et un de ses plus proches, le milliardaire juif américain Sheldon Adelson, propriétaire de l'influent quotidien gratuit Israël Hayom, est l'un des bailleurs de fonds de la campagne de M. Romney.

    Autant dire que le courant n'est jamais passé avec l'actuel hôte de la Maison Blanche. En mai 2011, M. Netanyahu lui a infligé un camouflet dans son bureau ovale et devant les caméras de TV, en rejetant sa proposition de baser les frontières d'un futur Etat palestinien sur les lignes de 1967.

    Selon le Yédiot Aharonot, c'est pour cette raison --et non à cause des divergences sur l'Iran-- que le chef du gouvernement israélien mise sur M. Romney.

    "Si ce dernier l'emporte, il lui faudra des mois avant de mettre son administration en place... En revanche, doté d'un second mandat, Obama serait ipso facto opérationnel pour exiger de très importantes concessions d'Israël sur le volet palestinien", explique l'éditorialiste du journal, Nahum Barnéa.


    AFP
    Voir

    Faire un commentaire

    • Merci de respecter la charte des commentaires,
      sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
    • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain barack Obama (d), le 5 mars 2012 à Washington
    « previous

    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain barack Obama (d), le 5 mars 2012 à Washington

    Saul Loeb
    next
    • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain barack Obama (d), le 5 mars 2012 à Washington

      Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain barack Obama (d), le 5 mars 2012 à Washington

    • Le candidat républicain Mitt Romney lors d'un meeting de campagne à Fairfax, en Virginie, le 13 septembre 2012

      Le candidat républicain Mitt Romney lors d'un meeting de campagne à Fairfax, en Virginie, le 13 septembre 2012

Les suggestions du jour

  • Mariemont : le retour de la momie d'Hor

    18 avril 2014, 17:25

    Une pièce exceptionnelle est arrivée jeudi au Musée Royal de Mariemont : la momie d'Hor, un prêtre d’Amon qui vivait en Égypte 700 ans avant notre ère. Le cercueil en bois peint, parfaitement conservé et restauré, est exposé à côté du corps...

  • La mobilité à Chimay: road-trip dans les transports en commun (2)

    14 avril 2014, 12:37

    Se rendre à Chimay, et en sortir, ressemble à une véritable aventure, surtout sans voiture. Comment se débrouillent les Chimaciens au quotidien? L'immersion dans les transports en communs de la Botte du Hainaut se poursuit: quitter Chimay, une très...

  • Patients, vous avez des droits et vous ne les connaissez pas

    18 avril 2014, 09:36

    C'est la journée des droits des patients ce vendredi en Belgique. Ces droits sont protégés par une loi qui existe depuis plus de 12 ans... et pourtant, tout le monde ne la connaît pas. Chez nous, chaque personne peut bénéficier de soins de santé de...

Monde

Vu sur le web

La cueillette de la rédaction aux quatre coins de la Toile.

Plus d'articles

Dernière Minute