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Irak: la condamnation à mort du vice-président ravive la crise

MONDE | Mis à jour le lundi 10 septembre 2012 à 18h24

  • Le vice-président irakien, Tarek al-Hachémi, a été condamné à mort par contumace pour avoir commandité des meurtres. Cette condamnation fait resurgir le spectre de la crise politique, qui s'était largement apaisée ces derniers mois.

    "Tout en confirmant de nouveau mon entière innocence et celle de mes gardes, je rejette totalement et ne reconnaîtrai jamais le verdict inéquitable, injuste et politiquement motivé, auquel il fallait s'attendre dès le début de ce ridicule procès", a déclaré Tarek al-Hachémi.

    Réfugié en Turquie, le vice-président fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré en décembre par la justice irakienne.

    Tarek al-Hachémi est membre du deuxième bloc parlementaire irakien, Iraqiya. Il est l'un des plus importants responsables politiques sunnites du pays. Le vice-président n'a cessé, depuis sa fuite en Turquie, de s'en prendre au Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, qu'il accuse de manipuler l'appareil judiciaire.

    Depuis les épisodes houleux de décembre dernier, la crise politique semblait s'être grandement apaisée.

    En décembre, Iraqiya, le parti de Tarek al-Hachémi, avait accusé le Premier ministre de s'approprier le pouvoir. C'est à cette époque que les accusations contre Tarek al-Hachémi étaient lancées.

    Après un exil au Kurdistan irakien, le vice-président s'est réfugié en Turquie. Un choix loin d'être anodin pour cette région autonome et ce pays voisin, qui ont tous deux refusé de livrer le politicien à Bagdad. Et pour cause, les relations entre l'Irak et le Kurdistan et la Turquie ne sont pas si faciles, notamment à cause de la question du pétrole.

    Le spectre de la crise ravivé

    "Les tensions politiques vont sans doute s'exacerber en Irak. Et les relations entre Ankara et Bagdad pourraient elles aussi empirer dans les prochains mois", prédit John Drake, spécialiste de la sécurité au sein du groupe AKE.

    Il considère que la condamnation à mort de Tarek al-Hachémi "va certainement aggraver les dissensions entre M. Maliki et Iraqiya. Cela pourrait freiner les travaux du Parlement".

    De son côté, dans un communiqué publié lundi sur son site internet, le président irakien Jalal Talabani a lui aussi affirmé que la condamnation du vice-président "pourrait s'avérer être un facteur susceptible de déstabiliser les efforts fournis pour parvenir à la réconciliation nationale".

    D'autant plus que, pour John Drake, "les sunnites pourraient se sentir persécutés par la condamnation de M. Hachémi. Et les derniers attentats vont nuire aux relations interconfessionnelles". Samedi et dimanche, une vague d'attentats revendiqué par Al-Qaïda i a fait près d'une centaine de morts.

    Le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Dabbagh, porte-parole du gouvernement irakien, a d'ailleurs mis en garde contre "des cellules liées aux groupes (insurgés) qui gravitent autour de M. Hachémi" qui pourraient "tenter de se venger".

    AFP

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  • L'ex vice-président irakien Tarek al-Hachémi, donne une conférence de presse le 4 mai 2012 à Istanbul, en Turquie
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    L'ex vice-président irakien Tarek al-Hachémi, donne une conférence de presse le 4 mai 2012 à Istanbul, en Turquie

    AFP / Bulent Kilic
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    • L'ex vice-président irakien Tarek al-Hachémi, donne une conférence de presse le 4 mai 2012 à Istanbul, en Turquie

      L'ex vice-président irakien Tarek al-Hachémi, donne une conférence de presse le 4 mai 2012 à Istanbul, en Turquie

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