La page des élections à peine tournée, le vainqueur des législatives de dimanche, s'est immédiatement mis à l'ouvrage. Selon la loi grecque, Antonis Samaras a trois jours pour remplir sa mission, former un Gouvernement.
S'il devait échouer d'ici demain soir mercredi, le flambeau serait alors repris par son adversaire, le remuant leader de la Gauche radicale, Alexis Tsipras. Sans avoir donc beaucoup le choix, le leader conservateur a d'abord rencontré précisément Alexis Tsipras. Ce dernier a reconnu la victoire conservatrice mais a refusé de travailler avec le vainqueur, ce qui eut été marier l'eau et le feu.
Alors que la Gauche promettait sa vigilance au Parlement, le chef des Conservateurs a rencontré ensuite le président des socialistes.
"Nous sommes restés d'accord avec M. Vénizélos pour former un gouvernement de salut national dans le délai prévu", a dit Antonis Samaras, après sa rencontre avec Angélos Vénizélos dont le parti Pasok est arrivé en troisième position. De son côté, le dirigeant socialiste a souligné la nécessité "de former un gouvernement immédiatement" sans toutefois vouloir s'allier uniquement avec Antonis Samaras.
Les deux hommes vont travailler ensemble et ont promis de former un gouvernement de salut national d'ici mercredi, ce qui devrait émerger à l'issue d'une table ronde autour du Président grec Papoulias. Le Pasok a laissé tomber son exigence de former un gouvernement avec Syrizia. A la place, le petit parti pro-européen Gauche démocratique se retrouve à la table de négociations.
Assouplissement des délais ?
Ces discussions à Athènes se déroulent sous le regard bienveillant de l'Europe dont les dirigeants ont promis lundi de continuer à soutenir la Grèce et même éventuellement d'assouplir le calendrier pour assainir le budget de l'Etat. Paris, Bruxelles et même Berlin ont déjà donné des signes d'un possible assouplissement, au moins dans les délais, du mémorandum, le plan de rigueur négocié avec les prêteurs internationaux en contrepartie de l'aide financière.
"Nous continuerons à soutenir la Grèce en tant que membre de la famille de l'UE et de la zone euro", ont déclaré en commun les présidents de l'UE, Herman Van Rompuy, et de la Commission, José Manuel Barroso, en marge du sommet du G20, à Los Cabos, au Mexique.
Inquiets de la situation en Espagne, les marchés financiers n'ont montré qu'une très faible excitation, vite retombée, après le vote des Grecs. La Bourse d'Athènes a conclu sur une hausse finalement limitée de 3,6 %.
Un vote de peur, pas d'adhésion
La ND l'a emporté avec 29,66% des voix, s'adjugant 129 sièges sur 300 au parlement, suivi par le Syriza, à 26,89 % et 71 sièges, et le Pasok socialiste, 12,28 et 33 sièges, selon les résultats officiels.
Pour le politologue John Loulis, "il s'agit d'un vote de peur d'une sortie de l'euro, pas d'un soutien réel aux réformes". "Le gouvernement sera fragile, sans grande base populaire, le pays risque de n'avoir qu'un répit", a-t-il dit à l'AFP
Une polarisation très nette a bénéficié à la ND et à Syriza, le parti communiste KKE enregistrant une chute historique mais le parti néonazi l'Aube dorée, Chryssi Avghi a conforté sa position, avec 18 députés.
Plongeant le pays dans le brouillard, provoquant une exaspération en Europe et la suspension du versement de 2,6 milliards d'euros d'aide, le précédent scrutin du 6 mai n'avait pas dégagé de majorité ou de coalition de gouvernement.
Depuis, la Grèce semble au bord de la faillite, les indicateurs sont au rouge vif: un Produit intérieur brut (PIB) en chute de 6,5%, le chômage à 22,6%, une hémorragie quotidienne des dépôts bancaires, et des caisses publiques qui pourraient être vides mi-juillet.
La Grèce bénéficie des deux prêts internationaux d'un total de 347 milliards d'euros, courant jusqu'en 2015, et de l'effacement de presque d'un tiers de sa dette, d'environ 107 milliards. Le tout représente l'équivalent d'une fois et demie son PIB.
T.N. avec Willy Vandervorst




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