Quand ils ont découvert le résultat du scrutin du 6 mai dernier, les Grecs se sont étonnés eux-mêmes puis réjouis de leur audace: ils venaient quasiment de dynamiter la scène politique.
Lundi, la surprise n'était plus tout à fait là mais en tout cas la confirmation qu'ils attendaient un changement profond et rapide, après 5 ans de récession économique. Pour que cela soit bien clair, beaucoup de têtes sont tombées notamment au Parti Socialiste qui s'est écrasé en six semaines, de 44 à 12% des voix en quelques petites années.
La Nouvelle Démocratie aussi est en fort recul et le phénomène frappe même les petites formations comme le Parti Communiste grec qui approche dangereusement du pourcentage sous lequel, il sera exclu du Parlement.
Moderniser la vie politique
Ce coup de colère de l'électeur se marque aussi par l'émergence inquiétante d'un parti ouvertement nazi. Autre revendication de l'opposition, moderniser la pratique politique pour qu'elle ne passe plus par cette alternance de formations clientélistes au Gouvernement. Et pourquoi pas, par des coalitions censées recréer des programmes d'action plutôt que de reproduire des refrains usés autant qu'inefficaces. La Grèce des monuments antiques veut aussi vivre la modernité plutôt que de la découvrir par des touristes de passage. Le message de l'opinion est clair et brutal pour les élites grecques. A elles maintenant de prendre conscience de cet appel, sans quoi, un électorat désabusé lui réservera des surprises encore plus désagréables.
Autre élément marquant vécu à l'occasion de ces scrutins, les Grecs sont fâchés sur la manière dont l'Europe du nord les traite, mais pas contre l'Europe elle-même ni contre l'Euro. Il faut toutefois éviter de généraliser, il y a des Grecs qui défendent avec des relents parfois nationalistes, l'indépendance totale du pays mais ces appels parfois confus ou contradictoires sont marginaux ou le deviennent.
Cela dit, pour exprimer sa foi en l'Europe, les mots ne suffisent pas. Il faut des actes de tous les Grecs qui doivent se préparer à une réalité différente et contraignante et cela concerne autant le monde politique que l'ensemble de la Grèce, de bas en haut de l'échelle sociale. La population doit par son comportement quotidien exprimer aussi cet engagement. Reste que pour déclarer et vivre cette aspiration, cela ne peut se faire seul.
Les charmes de l'Europe doivent être crédibles, porteurs et ne pas se résumer à l'éclat des euros. L'ensemble européen doit pour la Grèce comme pour toutes les populations des 27, retrouver l'image d'un projet attrayant et mobilisateur. Sans cette indispensable contrepartie européenne, les Grecs risquent de se décourager, de se perdre sur un chemin dont ils ne verraient pas le but et dans une démarche dont ils ne comprendraient plus le sens.
Un gouvernement mercredi
Les contacts se sont poursuivis tout au long de la journée de mardi, en vue de former rapidement ce gouvernement que l'Europe toute entière attend.
Les socialistes du Pasok avaient rapidement marqué leur soutien à une coalition dirigée par la Nouvelle Démocratie, mais souhaitaient embarquer un second parti de gauche dans l'attelage. Ce ne sera finalement pas tout à fait le cas: le Dimar, un petit parti de gauche mais favorable à l'euro, soutiendra de l'extérieur la nouvelle coalition.
"Nous allons accorder au gouvernement un vote de confiance, mais nous n'y participerons pas", a dit Fotis Kouvelis devant ses partisans, selon l'agence de presse grecque ANA. Fotis Kouvelis a fait cette proposition au cours d'une réunion des instances dirigeantes de son parti destinée à prendre position sur une participation éventuelle au gouvernement de coalition en cours de formation en Grèce. Plusieurs cadres du Dimar refusent de rejoindre un gouvernement qui serait dirigé par le chef du parti de droite Nouvelle Démocratie qui a remporté l'élection législative dimanche, sans obtenir la majorité absolue.
T.N. avec Willy Vandervorst




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de Nicolas Bonjour, Etes-vous à ce point aveugles ? Votre article euphorique sur les changements radicaux des résultats des élections en Grèce en juin 2012 passe sous silence que le gouvernement en formation sera sans doute le pire de tous les précédents. Jusqu'à présent les des deux partis prenaient le pouvoir tour à tour et chacun le passant à l'autre après les pillages et corruptions publiés quotidiennement et toujours restés impunis. Arrivés au stade de l'indiigestion, au bord de l'explosion (voir le "président" Venizelos) on passait la caisse -toujours plus vide- au partenaire. Après avoir mis chacun tour à tour le pays en faillite, les pilleurs et corrompus s'unissent aujourd'hui pour l'achever. L'alternative de l'électeur était de ne plus recevoir le moindres Euro du jour au lendemain. Charybde et Scylla vous connaissez ? Vous y voyez quelqu'éclaircie vous ? Merci pour l'info vraie, claire et objective.
20-06-2012 11:19 |