Les gacacas, c'était un système fondé sur la parole et l'aveu, qui a répondu, dans une certaine mesure, à l'incapacité d'agir du système judiciaire classique, ravagé par la guerre. Aujourd'hui le Rwanda a clôturé ces cours, et referme ainsi un chapitre de son histoire.
Le pays va devoir corriger beaucoup de ces procès rendus de façon très lacunaires. C’est ce qu’explique Carina Tretsakian, expert pour le Rwanda chez Human Right watch à Londres : "Il y a eu plusieurs lacunes et plusieurs faiblesses du système. L'un des problèmes principaux, c'était que les accusés n'avaient pas droit de se faire représenter par un avocat de la défense, par exemple. Les juges de la gacaca étaient élus de la population locale, donc c'était des personnes qui n'avaient pas de formation en droit et pourtant étaient censées juger des dossiers extrêmement sensibles et complexes.
Il y a eu bien sûr des tentatives d'intimidation, de corruption des juges, des témoins aussi parfois, ce qui fait que, souvent, il y a eu de fausses accusations et que même à l'issue des procès, souvent, on n'a pas pu savoir si vraiment, c'était la vérité qui ressortait de ces procès.
Maintenant que les juridictions gacaca vont fermer, ce qui est important pour le Rwanda, c'est que les tribunaux ordinaires qui vont maintenant traiter des dossiers rectifient les erreurs qui ont été commises pendant les procès gacaca et fassent en sorte qu'il y ait non seulement une vraie justice pour les victimes, les rescapés et les accusés. Mais il devront également mettre en place des systèmes fiables et des mises en garde contre ces tentatives de corruption et de règlement de compte".
RTBF




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