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Fukushima: le gouvernement et Tepco mis en cause par le rapport d'enquête

MONDE | Mis à jour le lundi 23 juillet 2012 à 11h21

  • Le gouvernement japonais et la compagnie d'électricité Tepco ont ignoré le danger lié à l'énergie nucléaire, ce qui a rendu possible l'accident à la centrale Fukushima Daiichi en mars 2011, a affirmé lundi le rapport final de l'exécutif sur la catastrophe. Le mythe de la sécurité nucléaire à prévalu sur la réalité des dangers.

    Commandé par le gouvernement lui-même à un comité comprenant des ingénieurs, des chercheurs, des juristes et des journalistes, ce volume accablant de 450 pages a été publié au moment où le pays s'interroge sur l'avenir d'une filière nucléaire qui suscite de plus en plus d'hostilité dans la population.

    "Le problème principal provient du fait que les compagnies d'électricité, dont Tepco, et le gouvernement n'ont pas perçu la réalité du danger, car ils croyaient au mythe de la sécurité nucléaire au nom duquel un accident grave ne peut se produire dans notre pays", ont souligné les membres de la commission d'enquête.

    Ils ont rendu lundi leurs conclusions à l'issue d'entretiens avec 772 personnes impliquées avant ou pendant l'accident, dont le Premier ministre Naoto Kan, en fonction lors de la catastrophe survenue le 11 mars 2011 à la centrale Fukushima Daichi (nord-est du Japon).

    Virulentes critiques

    Non seulement les autorités et Tepco n'ont pas pris de mesures suffisantes pour empêcher cet accident nucléaire, après un séisme de magnitude 9 et un tsunami géant qui a submergé les installations, mais leur gestion de la catastrophe a laissé à désirer, d'après le rapport gouvernemental.

    Il a pointé chez Tepco "une gestion de crise déficiente, une structure organisationnelle peu adaptée aux situations d'urgence et une formation insuffisante du personnel en cas d'accident grave".

    Les experts ont espéré que la compagnie "réformerait en profondeur ses systèmes de formation afin d'améliorer la capacité de son personnel à lutter contre l'accident" toujours en cours.

    Seize mois après le début du désastre, les émissions radioactives sont infiniment plus faibles qu'à la mi-mars 2011 et des systèmes de refroidissement en circuit fermé ont pu être remis en place sur les réacteurs.

    Mais tout danger ne peut-être complètement écarté, les installations restant fragiles après les explosions qui ont frappé les bâtiments au début de la crise. De fréquents tremblements de terre continuent de secouer la région de Fukushima.

    Tepco accusée de traîner les pieds

    Le rapport accuse en outre Tepco de traîner les pieds "pour identifier les causes de l'accident", ce qui empêche l'industrie nucléaire nippone d'en tirer les conclusions adéquates.

    Tepco continue de prétendre que la puissance du séisme et l'ampleur du tsunami dans le nord-est avaient dépassé toutes les prévisions et n'avaient donc pu être envisagées.

    Le rapport critique par ailleurs les interventions directes de l'ancien Premier ministre Naoto Kan dans la gestion opérationnelle de l'accident.

    "Son intervention directe a fait plus de mal que de bien, car cela a pu entretenir la confusion, empêcher de prendre des décisions importantes et entraîner des jugements erronés", pointe-t-il.

    Un autre rapport officiel, commandé par le Parlement et publié le 5 juillet, avait déjà fustigé l'attitude des autorités, jugeant que la catastrophe avait été "un désastre créé par l'homme" et non pas simplement provoqué par le séisme et le tsunami.

    L'accident de Fukushima, le pire du secteur depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, a provoqué d'importantes émissions radioactives dans l'air, les eaux et les sols de la région de la centrale, située à 220 km au nord-est de Tokyo. Une centaine de milliers de personnes ont dû évacuer leur domicile.

    La quasi-totalité des 50 réacteurs du Japon sont actuellement à l'arrêt, soit à cause d'un séisme passé, soit en raison de nouvelles exigences de sécurité qui nécessitent des travaux de consolidation des centrales.

    Seuls deux réacteurs ont été redémarrés dans la centrale d'Oi (centre), en juillet, grâce au feu vert donné par l'actuel Premier ministre, Yoshihiko Noda, et malgré l'hostilité d'une frange de la population.

    AFP

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    • de Pépé "... et malgré l'hostilité d'une frange de la population." Le choix des termes de l'AFP (organe de presse du pays le plus nucléarisé au monde) est-il innocent? Tout est dans la "frange de la population", soit 80% des Japonais (une paille): http://www.rtbf.be/info/monde/detail_un-an-apres-fukushima-80-des-japonais-ne-veulent-plus-du-nucleaire?id=7732471

      23-07-2012 14:42 | Répondre

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    Tomohiro Ohsumi
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      Des journalistes accompagnés d'employés de Tepco observent le réacteur N°4 de la centrale de Fukushima, le 26 mai 2012.

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