"Tous ceux qui m'ont sous-estimé ont perdu", déclarait il y a quelques jours le candidat socialiste. Il y a quelques mois, en effet, personne n’aurait parié sur le timide François Hollande, surnommé par certains "Flamby". Et pourtant, c'est bien lui qui a remporté l'élection présidentielle française avec entre 51,5% et 53% des voix au second tour.
Beaucoup s’accordent à dire que François Hollande avait définitivement fait preuve de posture présidentielle lors du débat de l’entre deux-tour qui l’a opposé au président sortant, Nicolas Sarkozy. On retiendra notamment sa tirade qui aura cloué le candidat UMP : "Moi, Président de la République, je n'aurais pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserais ça à des instances indépendantes! Moi, Président de la République, ferais en sorte que mon comportement soit à chaque instant, exemplaire. Moi, Président de la République, j'aurais aussi à coeur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l'Etat, je le ferais réformer."
S'il n'y avait pas eu le Sofitel...
C’est en fait un autre homme qu’attendait la France pour se mesurer au président sortant. Mais Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du FMI, n’a pas eu le temps de se déclarer candidat : arrêté en mai à New York pour agression sexuelle sur une femme de ménage du Sofitel, il a perdu toute crédibilité au fur et à mesure que les révélations se succédaient. A partir de là, François Hollande n’a cessé de grimper dans les sondages, pour finalement remporter l’investiture socialiste en octobre 2011 avec plus de 56% des voix face à Martine Aubry.
Une carrière en coulisses
Né à Rouen en août 1954 dans une famille aisée, François Hollande étudie le droit, les sciences politiques, l'économie à HEC et sort en 1980 en septième position de la promotion Voltaire de l'Ecole nationale d'administration (Ena), où figure aussi la future mère de sesquatre enfants, Ségolène Royal.
Parallèlement à ses études, François Hollande milite auprès du syndicat étudiant Unef, puis adhère au PS en 1979.
Repéré par Jacques Attali, conseiller de François Mitterrand, il participe à la campagne présidentielle de ce dernier et le suit à l'Elysée dès 1981.
En 1988, il devient pour la première fois député de la circonscription de Tulle, en Corrèze.
En 1997, Lionel Jospin devient Premier ministre et laisse sa place de premier secrétaire du PS à François Hollande, direction qu’il conservera pendant onze ans.
Dans ce rôle, certains lui reprochent ses évitements et son incapacité à unir un parti que Martine Aubry comparera à son arrivée en 2008 à un "cadavre à la renverse". En 2002 en effet, le candidat socialiste Lionel Jospin n'avait pas franchi la barre du premier tour de la présidentielle, se faisant dépasser par le candidat FN Jean-Marie Le Pen...
Sur le plan privé, François Hollande se sépare de son épouse, Ségolène Royal, candidate sociale défaite face à Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007.
Un président normal…
François Hollande a promis aux Français d’être un président "normal" par opposition à l’ "hyperprésident" Nicolas Sarkozy.
"Un président normal doit être un président exemplaire", a ainsi expliqué François Hollande. "Il ne peut pas décider de tout, se substituer au Premier ministre, il ne peut pas non plus décider des journalistes qui présentent le journal télévisé, il ne peut pas décider de nommer les plus hauts magistrats".
Quand Nicolas Sarkozy qualifiait de "collaborateur" son Premier ministre, François Hollande promet qu'il laissera agir son chef de gouvernement, qui sera "le chef de la majorité"
Son programme annonce "la fin de la République des privilèges": une réduction de 30% de la rémunération du président et la fin de l'immunité judiciaire totale pour le chef de l'Etat en exercice.
… qui fait peur à l’Europe
Si François Bayrou, le leader centriste a annoncé jeudi qu’il voterait pour François Hollande, il se montre très critique envers son programme économique. "J'ai dit ce que je pensais de son programme économique. Je pense que ce programme est inadapté à la situation du pays ".
Et il n’y a pas qu’à François Bayrou que le programme économique de François Hollande fait peur.
Les dirigeants européens ont même été soupçonnés de le boycotter. C’est que le candidat socialiste a dit vouloir une renégociation du traité budgétaire européen. Renégociation dont il n’est pas question pour la chancelière allemande Angela Merkel, qui a cependant fait évoluer sa position ces derniers jours : "Nous préparons un agenda croissance pour le sommet européen de juin", a déclaré la chancelière allemande dans un entretien samedi au quotidien allemand Leipziger Volkszeitung.
J.C. avec agences




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