Expulsion de Parwais Sangari: l'Afghanistan est-il un pays "sûr"?

Illustration - La population civile afghane tombe quotidiennement sous les bombes des insurgés.
Illustration - La population civile afghane tombe quotidiennement sous les bombes des insurgés. - © JANGIR - AFP

Renvoyer des ressortissants afghans dans leur pays d'origine: le cas de Parwais Sangari n'a rien d'une première. Par le passé, d'autres Afghans ont déjà été renvoyés et, à chaque fois, la polémique a été relancée : l'Afghanistan est-il devenu un pays "sûr" ? Du moins sa capitale, Kaboul ? Les dernières informations appellent à la prudence.

Triste hasard de calendrier, avec la mort de 35 civils et combattants, dimanche, l'Afghanistan vient de vivre l'une des journées les plus meurtrières de ces six derniers mois. Parmi les victimes des attentats d'hier, sept soldats occidentaux (dont six américains) et 28 civils.

La carte des violences reste, malgré tout, presque inchangée : les attaques les plus meurtrières ont lieu dans l'est du pays ou des forces étrangères combattent des groupes insurgés retranchés le long de la frontière avec le Pakistan, et aussi dans le sud. La majorité pachtoune y lutte contre les forces atlantiques principalement dans des provinces rebelles de Kandahar ou de Helmand. C'est là que sont morts les 28 civils et policiers afghans ce week-end. 

La capitale Kaboul constitue un cas à part, puisqu'il s'agit de la région la mieux contrôlée du pays. Voici quelques années, il se disait que le président afghan Karzaï ne régnait en fait que sur cette ville. Cela dit, plusieurs attaques-suicide rebelles ont été menées dans la ville, à proximité même des bâtiments officiels.

Les mesures de sécurité imposées par les autorités, comme le repli autant que faire se peut des militaires étrangers dans leurs casernement, montre que la capitale ne jouit plus aujourd’hui de son image d'îlot de sécurité dans un pays hautement instable. La population civile afghane tombe quotidiennement sous les bombes des insurgés. L'an dernier, selon l'Onu, plus de 3000 civils ont été tués.

Cela dit, dans la cible des Talibans, on trouve principalement les forces de l'ordre, qu'elles soient afghanes ou étrangères. On retiendra encore la mort de 234 militaires étrangers depuis le début de cette année, ce qui témoigne de la virulence des commandos rebelles alors que l'Otan se prépare à supprimer son dispositif combattant d'ici deux ans.

W. Vandervorst

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