S'il ne sera pas officiellement adoubé par son parti avant la convention du mois d'août, Mitt Romney a rassemblé plus de la moitié des 1144 délégués nécessaires pour remporter l'investiture. Et mardi, le retrait de son principal rival Rick Santorum a achevé de lui garantir quasi-certainement une victoire qui lui tendait déjà les bras.
Le choix du colistier de Mitt Romney est ainsi devenu le nouveau grand enjeu de la campagne: mercredi sur Fox News, le républicain a assuré qu'il n'avait "pas encore de liste" mais que le processus de sélection allait commencer "bientôt".
Ce processus suppose l'examen minutieux du parcours des candidats ("vetting"). Car si un bon choix ne permet pas toujours de rapporter des voix, un mauvais choix peut s'avérer dévastateur.
En 2008, le candidat républicain John McCain avait opté pour la gouverneur de l'Alaska (nord-ouest) Sarah Palin. Inexpérimentée et incontrôlable - au point d'être surnommée la "diva" -, elle avait affaibli les chances républicaines. Ce précédent devrait forcer Mitt Romney et son équipe à choisir soigneusement le premier candidat à la vice-présidence de "l'après-Palin".
Souvent, les candidats à la présidence choisissent une figure politique censée leur apporter des voix qu'ils ne peuvent rassembler seuls.
Les paris sont ouverts
En 1960, John Kennedy, démocrate du Massachusetts (nord-est), avait ainsi choisi le Texan Lyndon Johnson pour séduire les électeurs du Sud. En 1980, le républicain Ronald Reagan de tendance conservatrice, avait sélectionné le modéré George Bush père.
Cette règle est toutefois loin d'être immuable, et en 1992, Bill Clinton, démocrate centriste du sud, avait choisi Al Gore, un partenaire au profil semblable.
Pour Norm Ornstein, politologue à l'American Enterprise Institute, il n'y a d'ailleurs "aucune preuve" qu'un candidat à la vice-présidence puisse apporter avec lui les voix de son Etat ou de son électorat.
Si Mitt Romney - considéré comme un républicain modéré- veut quand même jouer la carte de la droite conservatrice, il pourrait se tourner vers un candidat comme Marco Rubio, sénateur de Floride (sud-est) et une des têtes d'affiche du "tea party", qui aurait aussi l'avantage d'attirer des électeurs hispaniques. Mais ce dernier a juré qu'il n'était pas intéressé.
Le nom de l'ancien rival ultraconservateur de Mitt Romney, Rick Santorum, est lui aussi de plus en plus cité parmi les candidats potentiels.
Mais Mitt Romney pourrait aussi se tourner vers des républicains plus modérés comme le sénateur de l'Ohio (nord) Rob Portman ou le très populaire gouverneur du New Jersey (est) Chris Christie.
Dans la presse, chacun y va de son pronostic ou affirme sa préférence. L'éditorialiste conservateur du Washington Post, George Will, souhaite quelqu'un qui ait "les capacités intellectuelles" pour s'opposer à Barack Obama. Major Garrett, du National Journal, parie de son côté sur Rob Portman: "Ecrivez-le. Et sermonnez-moi sans pitié cet été si je me suis trompé".
AFP




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