Espagne: quand la mafia gère la main d'œuvre agricole

Le chômage frappe l’Andalousie de plein fouet. Un propriétaire devant la maison dont il sera peut-être expulsé.
Le chômage frappe l’Andalousie de plein fouet. Un propriétaire devant la maison dont il sera peut-être expulsé. - © CRISTINA QUICLER - IMAGEGLOBE

La crise du secteur de la construction a poussé de nombreux espagnols à retourner vers les campagnes pour tenter de décrocher un travail. C’est le cas de la campagne andalouse, où ils sont nombreux à travailler dans l'agriculture. Mais à des salaires de misère: 2,5 euros de l'heure et par des températures de 35 à 40 degrés. On est bien loin des conditions de salaires établies par les conventions collectives du secteur.

"Tu n'as aucun droit" explique ce travailleur interrogé par El pais. "Si tu de plains, d'autres prendront ta place." La situation en Andalousie est particulière. Les propriétaires terriens viennent d'autres régions et délèguent la gestion à des intermédiaires qui se sucrent au passage, empochant la différence entre le salaire minimum légal établi par les conventions collectives et le salaire réellement payé au travailleur. Du côté des syndicats on n'hésite pas à parler de mafia. La crise de la construction a laissé sur le carreau des milliers de travailleurs et les difficultés économiques poussent les gens à accepter des conditions précaires. Et quand certains osent enfin dénoncer cette situation, ils se retrouvent face à des services d'inspection qui non pas les moyens d'agir rapidement. "Ouvrir une enquête prend plusieurs mois", expliquent les syndicats et souvent les intermédiaires ont disparu.

Marie-Paule Jeunehomme  

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