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Ennhada vainqueur: cela signifie-il une montée de l'islamisme en Tunisie ?

MONDE | Mis à jour le mercredi 26 octobre 2011 à 15h41

  • Le parti islamiste Ennahda a remporté une large victoire aux premières élections libres de l’histoire de la Tunisie. Cette formation participera sûrement à la future coalition qui dirigera le pays. Cela signifie-t-il que le pays va basculer dans l'extrémisme?
    Ce parti a été fondé dans les années 1980 autour de la personnalité de Rached Ghannouchi. Sous le régime du président tunisien Ben Ali, le parti Ennhada est interdit. Son leader Rached Ghannouchi s’exile, tout en restant très populaire en Tunisie. Même s’il était réprimé par le parti laïc au pouvoir, Ennhada est resté très présent dans le pays grâce à la prédication et à un réseau efficace d'associations caritatives.

    Rached Ghannouchi est rentré triomphalement au pays après 20 ans d’absence, le 30 janvier dernier. Et depuis lors, son parti Ennhada a su réactiver ses réseaux dans l’optique du scrutin. "Les islamistes se sont présentés comme des personnes intègres et honnêtes parce qu'ils n'ont pas encore géré le pays, et une partie des Tunisiens ont voulu tenter cette solution. Le fait qu'ils ont été victimes leur confère une certaine légitimité", affirme Agnès Levallois, spécialiste du monde arabe, à l’AFP. C’est probablement ce qui explique en partie le succès électoral d’Ennhada.

    Un goût de revanche

    Cette victoire du parti islamiste a donc un goût de revanche, pour une partie de la population tunisienne. Mais elle inquiète, aussi bien en Occident qu’en Tunisie même. La percée d'Ennahda fait craindre une remise en question des droits des femmes tunisiennes qui disposent jusqu’à présent d'un statut juridique enviable dans la région.

    En réalité, Ennhada se dit partisan d’un islamisme modéré. Selon Rached Ghannouchi, il serait plus proche des modèles turc, malaisien ou indonésien de société, qui combinent islam et modernité, que des Talibans ou du modèle saoudien. Le parti, qui se présente comme moderne et démocratique, se dit aussi en faveur des droits de la femme et de l’égalité des droits civils entre les sexes. Il présentait d’ailleurs plusieurs candidates à l’assemblée constituante.  

    Créer des garde-fous

    Des politologues, dont Khattar Adou Diab, professeur en relations internationales à l'université Paris-Sud interrogé par l’AFP, estiment que la victoire d’un parti islamiste en Tunisie est un phénomène qui ne peut et qui ne doit pas être arrêté, pour éviter un scénario comme en Algérie.

    Toutefois, les partis islamistes montreront avec le temps leurs limites, avec l'exercice du pouvoir, estime-t-il. Ils auront nécessairement à faire des compromis et des alliances pour former des gouvernements, n'ayant pas la majorité. Mais, selon Agnès Levallois, "les mouvements laïques doivent être vigilants et créer des garde-fous" face à tout risque de dérive islamiste.

    A.L.

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    Des supportrices du parti Ennhada célèbrent la victoire

    AFP / FETHI BELAID
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