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Egypte: sept morts pour le "Jour de la Révolution"

MONDE | jeudi 24 janvier 2013 à 14h37

  • Sept personnes ont été tuées vendredi dans des affrontements entre manifestants hostiles au pouvoir islamiste et forces de l'ordre en Egypte, alors que le pays marquait le deuxième anniversaire du début du soulèvement -le "Jour de la Révolution"- qui a renversé Hosni Moubarak.

    Le président Mohamed Morsi a appelé ses compatriotes à "rejeter la violence dans les paroles et dans les actes" et a promis que les responsables de ces heurts meurtriers seraient "traduits en justice", dans des messages postés dans la nuit sur ses comptes Twitter et Facebook.

    Sept personnes sont mortes -six à Suez et une à Ismaïliya (nord-est)- et plus de 450 autres blessées au total dans douze gouvernorats, selon le ministère de la Santé, qui n'a pas donné de décompte entre manifestants et policiers.

    Toutefois M. Morsi a assuré que des policiers figuraient parmi les morts, et le ministère de l'Intérieur a revendiqué 95 blessés.

    L'armée a déployé dans la soirée des hommes et des blindés légers pour protéger les bâtiments de la police et du gouvernorat local à Suez, à l'entrée sud du canal du même nom et théâtre des plus fortes violences, ont indiqué des témoins et des sources de sécurité.

    La journée de samedi s'annonce également à hauts risques avec un verdict attendu dans le procès d'un drame du football - plus de 70 morts l'an dernier à Port-Saïd - qui soulève des passions.

    Ce regain de tension dans la crise opposant le président islamiste Mohamed Morsi qui se prévaut d'avoir été démocratiquement élu en juin dernier, et l'opposition qui l'accuse de dérive autoritaire, est aggravé par les lourdes difficultés économiques que traverse le pays.

    Des accrochages sporadiques entre groupes de jeunes et forces de l'ordre ont eu lieu toute la journée aux abords de la place Tahrir où des milliers de personnes se sont massées.

    Une énorme pancarte était déployée sur la place avec l'inscription "Le peuple veut faire tomber le régime", tandis que la foule scandait "dégage, dégage!" à l'encontre de M. Morsi, comme pour M. Moubarak il y a deux ans.

    "Pain, liberté, justice sociale"

    "On n'a pas fait la révolution pour qu'un groupe corrompu en remplace un autre", lançait une manifestante, Maha Kamal, 40 ans, voile turquoise et drapeau égyptien à la main.

    "L'Egypte a besoin d'une nouvelle révolution pour les jeunes et pour une vraie démocratie", affirmait un autre manifestant, Chawki Ahmed, 65 ans.

    En fin de soirée la place était toutefois largement désertée en raison de la densité des tirs de lacrymogènes.

    Des manifestants se sont aussi rendus près du palais présidentiel, où la police a tenté de les disperser avec du gaz lacrymogène.

    A Ismaïliya (nord-est), des manifestants ont mis le feu au siège local du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la formation politique des Frères musulmans, et envahi le siège du gouvernorat.

    Des bâtiments publics ont également été la cible des contestataires à Damiette (nord) et Kafr el-Cheikh (delta du Nil), et des incidents ont aussi eu lieu à Alexandrie, deuxième ville du pays.

    L'opposition, composée de mouvements en majorité de gauche et libéraux et qui affiche une unité encore précaire, avait appelé à défiler en reprenant les mêmes mots d'ordre qu'il y a deux ans : "Pain, liberté, justice sociale".

    Le climat s'est fortement envenimé depuis fin novembre, date à laquelle M. Morsi s'est doté provisoirement de pouvoirs exceptionnels, puis a poussé les feux pour faire passer une Constitution rédigée par une commission à dominante islamiste.

    Le texte, adopté par référendum en décembre, continue d'être vivement critiqué par l'opposition qui estime qu'il ouvre la voie à une islamisation accrue de l'Egypte et porte atteinte à certaines libertés.

    Les Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, n'avaient pas officiellement appelé à manifester vendredi, préférant commémorer le "Jour de la Révolution" par des initiatives sociales et caritatives.


    AFP
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  • Un Egyptien agite un drapeau national place Tahrir au Caire lors d'une manifestation contre le pouvoir islamiste, le 25 janvier 2013
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    Un Egyptien agite un drapeau national place Tahrir au Caire lors d'une manifestation contre le pouvoir islamiste, le 25 janvier 2013

    Mahmoud Khaled
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    • Un Egyptien agite un drapeau national place Tahrir au Caire lors d'une manifestation contre le pouvoir islamiste, le 25 janvier 2013

      Un Egyptien agite un drapeau national place Tahrir au Caire lors d'une manifestation contre le pouvoir islamiste, le 25 janvier 2013

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