Mohamed Morsi a obtenu 13 230 131 de voix contre 12 347 380 à son rival Ahmad Chafiq, un ancien Premier ministre d'Hosni Moubarak, a déclaré le président de la commission électorale, Farouk Soltan.
Mohamed Morsi, un ingénieur de 60 ans, devient ainsi le premier islamiste à parvenir à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe.
Joie place Tahrir
La victoire de Mohamed Morsi a été saluée par une explosion de joie place Tahrir au Caire, où plusieurs milliers de ses partisans ont crié "Allah akbar" (Dieu est le plus grand), lancé des feux d'artifice, et scandé "A bas le pouvoir militaire".
Le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), l'instance qui dirige le pays depuis la chute d'Hosni Moubarak, a adressé ses félicitations au nouveau président.
Fort d'une légitimité populaire, le futur président disposera toutefois d'une marge de manœuvre très réduite face au Conseil militaire aux commandes du pays. L'armée a en effet récupéré le pouvoir législatif après la dissolution mi-juin de l'Assemblée, contrôlée par les islamistes, suite à un jugement déclarant illégal le mode de scrutin.
L'armée a promis de remettre avant le 30 juin le pouvoir exécutif au nouveau chef de l’État issu de l'élection présidentielle.
Le président égyptien élu rend hommage à l'armée et la justice
Le président égyptien élu, l'islamiste Mohamed Morsi, a rendu hommage dimanche peu après l'annonce de sa victoire à l'armée et la justice pour avoir assuré le bon déroulement de la présidentielle.
"Je rends un hommage particulier à la justice en Egypte, aux forces armées et de police pour avoir protégé le processus démocratique", a dit Mohamed Morsi selon son site internet, en référence à la présidentielle.
Première allocution
Mohamed Morsi s'est par ailleurs adressé à la nation dimanche soir. "Je suis le président de tous les Egyptiens, sans exception", qu'il soient "à l'intérieur ou à l'extérieur" du pays, a-t-il affirmé
"Je t'appelle, grand peuple d'Egypte (...), à renforcer notre unité nationale. L'union nationale est le seul moyen de sortir de ces temps difficiles", a-t-il encore dit dans son premier discours à la nation en tant que président élu.
Premier islamiste à parvenir au pouvoir dans le plus peuplé des pays arabes, Mohamed Morsi a en outre rendu hommage aux "martyrs" de la révolte qui a renversé Hosni Moubarak en février 2011.
"Je ne serais pas ici maintenant, en tant que premier président élu par la volonté libre des Egyptiens, sans la grâce de Dieu et (...) le sang des martyrs", a-t-il déclaré, affirmant toutefois que la "révolution va continuer jusqu'à la réalisation de tous ses objectifs".
"Merci aux martyrs, aux âmes des martyrs, aux mères des martyrs, aux pères des martyrs", a-t-il ajouté, en allusion aux quelque 850 personnes mortes en janvier-février 2011, victimes de la répression.
Issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi a aussi promis dans ce discours de respecter les traités internationaux signés par son pays.
"Nous préserverons les traités et chartes internationaux", a-t-il déclaré. Parmi les principaux engagements internationaux de l'Egypte figurent les accords de paix avec Israël conclus en 1979.
L'UE salue un jour "historique" pour l'Égypte
L'Union européenne (UE) a félicité dimanche le nouveau président égyptien, le candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi, et qualifié d'"historique" son élection "pour le pays et pour la région".
Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, s'est déclarée disposée à "travailler avec le président Morsi" et l'a appelé à "tendre la main à tous les autres groupes politiques et sociaux", selon un communiqué publié dimanche soir par ses services.
Washington et les pays du Proche-Orient saluent l'élection de Mohamed Morsi
Washington et des pays du Proche-Orient ont salué dimanche l'élection du candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi comme premier président de l'Egypte après la chute d'Hosni Moubarak.
Washington a félicité le nouveau président égyptien et appelé l'Egypte à rester un "pilier de la paix dans la région". "Nous pensons qu'il est important que le président élu (Mohamed) Morsi prenne en ce moment historique des mesures pour faire avancer l'unité nationale en consultant tous les partis sur la formation d'un nouveau gouvernement", a indiqué la Maison-Blanche.
En Egypte, l'évêque Pachomius, chef par intérim de l'Eglise copte orthodoxe d'Egypte, a félicité Mohamed Morsi, selon la télévision publique. Mais de nombreux Coptes ont affirmé avoir voté pour Ahmad Chafiq, disant craindre pour leurs droits en cas d'arrivée d'un islamiste au pouvoir.
Le Qatar a quant à lui, "félicité l'Egypte et son peuple ainsi que son président élu, Mohamed Morsi, pour le succès de la démocratie". Doha a salué "le rôle du Conseil suprême des forces armées (CSFA, au pouvoir en Egypte) et des magistrats égyptiens qui ont permis le succès de cette expérience".
Israël a rendu hommage au "processus démocratique" qui a permis à Mohamed Morsi d'accéder à la présidence, indiquant qu'il "entend poursuivre sa coopération avec le gouvernement égyptien sur la base du traité de paix" signé en 1979.
Pour le mouvement islamiste palestinien Hamas - au pouvoir à Gaza- "c'est une nouvelle ère qui s'ouvre en Egypte. Il s'agit d'un revers pour le programme de normalisation et la coopération sécuritaire avec l'ennemi" (israélien), a déclaré à l'AFP Mahmoud Zahar, un haut dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza.
La victoire de Mohamed Morsi a été fêtée dans la liesse et au son de rafales d'armes automatiques à Gaza.
A Ramallah (Cisjordanie), le négociateur Saëb Erakat a transmis les "félicitations" de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas au nouveau président égyptien.
Au Liban, à Saïda - grande ville à majorité sunnite du sud - des partisans la Jamaa Islamiya, groupe ayant des affinités idéologiques avec les Frères musulmans, ont organisé des célébrations dans les rues.
Téhéran a félicité "le peuple égyptien pour sa victoire dans cette élection et la présidence du Dr Mohamed Morsi, et rend hommage aux martyrs du pays".
L'Iran "confiant, souhaite le progrès et un succès de plus en plus important au peuple égyptien, présent en masse sur la scène politique et sociale".
En Irak, le président du Parlement Osama al-Nujaifi, a souhaité à "l'Egypte et à son peuple sécurité, stabilité et prospérité durant la période à venir".
Pour leur part, les Emirats arabes unis expriment "l'espoir de voir les efforts converger maintenant pour assurer la stabilité" de l'Egypte.
Au Koweït, l'émir, cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, a souhaité que le nouveau président puisse "réaliser les aspirations des Egyptiens à la prospérité, la sécurité et la stabilité".
Le roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al-Khalifa a estimé que les élections "ont renforcé la voie de la démocratie en Egypte".
De son côté, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a exprimé "l'attachement de l'Algérie au renforcement de ses relations de fraternité avec l'Egypte et à l'élargissement de tous les domaines de coopération au mieux des intérêts de nos deux peuples frères".
A Londres, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a évoqué un "moment historique pour l'Egypte", se réjouissant de l'engagement de Mohamed Morsi à former un gouvernement ouvert.
Le président français François Hollande a assuré que la France est "prête à travailler" Mohamed Morsi et souhaite l'établissement en Egypte d'"un système politique démocratique et pluraliste".
"Il importe aujourd'hui que la transition, commencée en février 2011, se poursuive", estime-t-il, afin que "s'établisse en Egypte un système politique démocratique et pluraliste et un Etat de droit garantissant les libertés civiles et politiques de tous les citoyens comme des minorités".
Enfin, pour Rome, l'élection de Mohamed Morsi "est un pas en avant pour consolider les institutions et renforcer l'amitié" avec l'Italie.
Avec agences




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