Egypte: des volontaires au secours des femmes harcelées dans les manifs

Briefing de volontaires de l'association TahrirBodyguard avant une manifestation
Briefing de volontaires de l'association TahrirBodyguard avant une manifestation - https://twitter.com/TahrirBodyguard
Rédaction RTBF

En Egypte, le harcèlement sexuel des femmes est loin d'avoir disparu. Des dizaines de cas sont recensés chaque jour dans les dernières manifestations. Des associations de volontaires tentent de les aider.

Une correspondante de la RTBF en Egypte, la journaliste française Marion Touboul, évoquait en direct du Caire lundi soir le danger que court une femme qui se mêle aux manifestants réunis sur la place Tahrir: en quelques heures dimanche, on a dénombré sur cette place plus de 50 cas d’agressions sexuelles commises par des Egyptiens qui se déplacent en mobylette.

L’association OpAntiSH (qui veut lutter contre le harcèlement sexuel en Egypte et aider les femmes qui en sont victimes - 'anti sexual-harrassment' -) en a encore recensé 17 cas lundi. Ce groupe recrute via les réseaux sociaux des volontaires qui veulent servir de "steward" pour aider les femmes dans les manifestations et prévenir les agressions sexuelles. Les manifestantes menacées peuvent appeler une ligne téléphonique d’urgence pour demander de l’aide. Les volontaires sont formés à accourir et à former une chaîne humaine pour isoler la victime de ses agresseurs. Une femme vient alors l’aider à se rhabiller. OpAntiSH peut fournir aux victimes un abri pour se protéger, une aide médicale, légale ou psychologique.

Vestes jaunes

D’autres groupes se sont formés défendant le même but avec les mêmes moyens, tels qu’AntiHarassment ou TahrirBodygard. Les stewards de ce dernier groupe, reconnaissables aux casques qu’ils portent sur leurs têtes et à leurs vestes jaunes fluo patrouillent à pied dans les manifestations. Des cours de self-défense sont également organisés.

Il faut dire qu’en Egypte, le harcèlement sexuel des femmes ne date pas d’hier. Déjà sous Moubarak, la police et l’armée l’utilisaient contre les opposantes. Ce phénomène était largement passé sous silence jusqu’à ce que, pendant les manifestations de 2011, des femmes journalistes occidentales en soient victimes. C’est alors que les médias étrangers ont commencé à en parler, par exemple dans un reportage de France2 en juillet 2012. Des Egyptiennes dénonçaient la chape de plomb qui règne sur les harcèlements sexuels commis dans les bus et les viols collectifs perpétrés dans les manifestations. L’armée égyptienne de l’après-Moubarak a continué à intimider les manifestantes arrêtées, en leur faisant subir des tests de virginité.

A.L.


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