Les deux camps ont échangé pendant des heures des jets de pierres et des cocktails molotov, tandis que des personnes, le corps en sang, étaient battues à coups de barre de fer dans des scènes de lynchage en pleine rue. Des coups de feu étaient toujours entendus en début d'après-midi.
L'armée et la police anti-émeutes ont installé un cordon de sécurité pour tenter de séparer les deux camps dans ce secteur du quartier d'Abbassiya, à proximité du ministère de la Défense.
Des assaillants non identifiés ont attaqué à l'aube les protestataires, rassemblés depuis plusieurs jours pour réclamer le départ de l'armée du pouvoir, selon des sources de sécurité et des témoins.
Le leader salafiste Hazelm abou Ismaïl parmi les manifestants
Parmi les manifestants figurent des partisans du leader salafiste Hazem Abou Ismaïl, qui campaient dans le secteur depuis samedi après l'exclusion par la commission électorale de ce candidat à la présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai.
Les affrontements de mercredi ont amené deux des principaux candidats -Mohamed Morsi pour les Frères musulmans et l'islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh- à suspendre leur campagne.
Un autre candidat, l'avocat de gauche Khaled Ali, a lui aussi annoncé la suspension de ses activités.
La campagne pour l'élection présidentielle s'est officiellement ouverte lundi. Ce scrutin se déroule dans un climat d'ouverture inédit pour une présidentielle en Egypte, après des décennies d'élections-plébiscites largement boudées par les électeurs faute d'enjeu réel.
L'armée prête à quitter le pouvoir une fois un président élu
L'armée égyptienne est prête à quitter le pouvoir dès le 24 mai en cas de victoire de l'un des candidats à la présidentielle dès le premier tour, a affirmé mercredi son chef d'état-major, cité par la télévision publique.
Ces déclarations interviennent après les évènements dramatiques décrits ci dessus, selon des sources médicales au Caire, dans des violences entre manifestants réclamant le départ des généraux au pouvoir et des assaillants non identifiés.
"Nous étudions une remise du pouvoir le 24 mai en cas de victoire d'un président au premier tour de l'élection", a indiqué Sami Anan, également membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA), à qui Hosni Moubarak a remis le pouvoir en démissionnant sous la pression populaire en février 2011.
Le premier tour de la présidentielle est prévu les 23 et 24 mai, le second les 16 et 17 juin.
L'armée a promis de remettre le pouvoir aux civils avant la fin juin, une fois le nouveau président élu.
RTBF avec agences




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