"La présidence de la République annonce trois jours de deuil après l'attaque terroriste", annonce un bandeau de la télévision.
Les hommes, qui ont tué les policiers, ont ensuite tenté de franchir la frontière avec Israël, cinq d'entre eux ont été tués. Ce n'est pas le premier incident visant des gardes-frontières égyptiens. Mais c'est en tous cas un premier test majeur pour le nouveau pouvoir égyptien, dans ses relations de voisinage avec l'état hébreu.
L'attaque s'est déroulée à la tombée du jour, lorsque les gardes-frontières se préparaient à la rupture du jeûne du ramadan. Une vingtaine d'assaillants, cagoulés et déguisés en bédouins ont surgi. Ils ont fait feu et de sont emparés de deux blindés. Une partie du commando s'est dirigée vers Israël, cinq d'entre eux ont été abattus.
Le président Morsi a tenu une réunion d'urgence avec les responsables de l'armée et de la sécurité. Dans une intervention télévisée il a promis de reprendre le contrôle du désert du Sinaï. Les sources de sécurité égyptiennes ont attribué cette attaque à des jihadistes venus de Gaza . Le poste frontière de Rafah avec Gaza a été fermé jusqu'à nouvel ordre.
En devenant président, Mohammed Morsi a promis de respecter le traité de paix signé avec Israël en 1979. Mais issu du mouvement des Frères Musulmans, il compte dans ses rangs des éléments qui ne veulent pas d'une collaboration trop affichée avec Israël. Président sous le contrôle étroit du Maréchal Tantaoui du Conseil suprême des Forces armées, Mohammed Morsi doit affronter 4 défis : éviter que le Sinaï ne se transforme en refuge pour islamistes affiliés à Al Qaïda, qu'ils viennent de Gaza ou d'ailleurs. Il doit définir sa collaboration avec le Hamas au pouvoir à Gaza. Il doit aussi convaincre ses partisans que la lutte politique ne peut pas tolérer des opérations terroristes et enfin, rassurer Israël et sa population inquiets des développements en cours en Syrie ou avec l'Iran.
Françoise Nice




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